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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 15:05
Conseil municipal : une subvention qui fait débat...

La seconde partie du conseil a concerné le vote des délibérations N° 3 et 4, le maire voulant les traiter en même temps.

Il s’agissait, d’octroyer une subvention de 114 900 € à l’association « Pointus, légendes et traditions » pour organiser une Valse des Capians, et des animations pour le tricentenaire.

Débat intéressant, révélateur, qui a permis de mettre en lumière la gestion financière de la ville, avec son lot d’incohérence dans les choix sur les coupes budgétaires annoncées.

Le maire présente le projet de façon dithyrambique : événement exceptionnel, atout majeur pour notre ville, son économie et son histoire. Bandol sera en partie privatisée (sic). Il est question de piraterie, de régates, concert et spectacles itinérants, plus des peintres et des sculpteurs.

Public attendu : 5 à 6 000 personnes, selon les organisateurs.

Après un calcul brillant, mais faux, il assure que la subvention ne serait en réalité que de 63 000 €, alors que la commune n’a jamais déboursé, et de loin, 51 900 € pour la valse des Capians.

Curieuse mathématique, qui montre bien que M. Joseph trouve au fond la somme trop conséquente et qu’il n’est sans doute pas à l’aise.

Que nous propose-t-on exactement ? Une animation sur 3 jours, avec un aspect nautique important et intéressant : Valse des Capians, vieux gréements, apparition de pirates, accrovoile…

Mais aussi, un mélange assez hétéroclite et anachronique : pseudo reconstitution de Bandol en 1715 avec les rues jonchées de paille et de branchages ( pour 4 500 € quand même)…car en 1715, il n’y avait que 7 candidats à l’occupation du territoire…Aspect agricole : animaux de la ferme, avec un troupeau d’oies dressées – dont on ignorait qu’il s’agissait d’une spécialité bandolaise – des musiciens, des comédiens, un concert à 14 000 €, avec repas et hébergements de « groupes » pour une somme plus que coquette (19 500 €), sans jamais aucune précision sur le nombre des bénéficiaires de ces prestations.

1er point relevé : la mise en œuvre d’un tel projet, si onéreux.

Nicole Dagort s’en inquiète: est-ce un projet de la ville, ou celui d’une association ? Bandol possède pourtant un service d’animation expérimenté. A quoi sert-il ?

Il n’y a pas de comité de pilotage : qui coordonne ? A-t-on désigné un élu responsable ?

Rien de tout cela, semble-t-il : Le maire déclare qu’il était responsable du projet, mais qu’il a eu quelque difficulté à s’en occuper… Mais il promet : un élu sera nommé pour coordonner les festivités. Sauf que celles-ci ont déjà commencé.

2ème point, M. Delaud intervient, mettant l’accent sur l’incohérence de la politique menée avec les deniers publics.

Il dénonce le choix fait par le maire d’engager une somme si importante dans un contexte de crise financière et de restrictions qui touchent tous les domaines.
Il donne de nombreux exemples d’économies « de bout de chandelles », tout à fait dérisoires au vu d’un budget qui dépasse 20M € : on a divisé par 2 la somme destinée aux cadeaux de Noël pour les petits de maternelle. On leur a supprimé la séance de cinéma de fin d’année. On ne fournirait plus de biscuits pour les enfants au Canet…

De plus, les subventions aux associations vont diminuer.

« C’est faux, rétorque le Maire, elles ne baisseront pas. » Il s’obstine dans ses dénégations, oubliant qu’il a déjà prévenu de vive voix tous leurs responsables.

L’élu est obligé de lire deux fois la lettre envoyée aux associations, qui leur annonce que leurs « subventions n’échapperont pas aux contraintes budgétaires », lettre signée … J-P Joseph.

Lequel nie, avant d’annoncer froidement que les dossiers seront étudiés avec une extrême attention (Apparemment, il n’a pas dû lire le budget prévisionnel de cette animation) – il faudra bien justifier la baisse des sommes allouées.

Les documents devront aussi être validés par une commission attributive, laquelle n’a pu étudier le dossier qui est l’objet de la délibération, puisqu’elle n’existe pas encore…

Il faut souligner, et c’est une première, que le maire réclame toutes les factures que les associations ont acquittées l’an dernier. Beau tas de paperasses en perspective ! Et qui le dépouillera ?

M. Delaud reparle du budget des classes de voile, lui aussi écorné (2 000 € d’économie !). "Le problème a été résolu, rappelle l’élu, grâce à l’intervention de notre première adjointe."

Nous passerons sur le débat portant sur la suppression des sachets pour ramasser les déjections canines (5 000 €), avec le beau résultat que chacun peut constater sur les trottoirs…M. Joseph reprochant à nos concitoyens leur manque d’esprit civique…et les accusant, ne riez pas, de les utiliser pour envelopper les couches culottes !

Bref, on a décidé d’économiser sur tout.

C’est le moment que choisit Mme Cercio pour abonder sans surprise dans le sens du maire, parlant d’un événement pour les Bandolais, attendu, voulu…Affirmation gratuite, puisqu’on a oublié de leur demander leur avis, aux Bandolais.

Jean-Yves Decroix rappelle les inquiétudes du maire par rapport au budget 2015 : il manquait 350 000 € pour arriver à l’équilibre obligatoire. Il ne comprend pas une telle dépense pour ces festivités dans un contexte si difficile.

De même qu’on ne peut accepter des économies faites au détriment des enfants : – 40 000 € en 2014 pour la caisse des écoles !

Le budget dévolu aux animations n’a jamais été aussi faible : 250 000 €. Est-il raisonnable d’en dépenser la moitié pour 3 jours de festivités ?

A-t-on pensé au devenir des associations ? Le tissu associatif est très riche à Bandol : une soixantaine d’associations participent activement à la vie de notre commune, et offrent toute l’année aux Bandolais convivialité, culture, sports, loisirs. Pourquoi les affaiblir ?

Seule réponse du maire : on va trouver de l’argent en faisant des économies…Mais où ?

Philippe Bessier relève d’abord avec ironie quelques incohérences : faire intervenir une troupe médiévale pour célébrer 1715, fin du règne de Louis XIV …et des pointus, qui n’ont été utilisés que 100 ans plus tard …Passe encore !

Il repose la question cruciale : pourquoi n’avoir pas fait appel au service animation ?

Réponse du maire : il aurait fallu passer un marché, cela aurait coûté trop cher. L’élu n’est pas d’accord sur ce point.

Il faut savoir qu’en juillet dernier, un projet a été proposé par M. Bessier, délégué aux animations, et Mme Quilici qui avaient travaillé sur la célébration du tricentenaire.

On sait ce qu’il en est advenu : on avait l’avantage d’avoir un professionnel sérieux en la personne de Philipe Bessier : M. Joseph s’est empressé de l’écarter et ne lui a pas redonné de délégation. On n’apprécie guère les compétences, à la mairie…

L’élu pense que certaines dépenses ont été fortement surévaluées. Un exemple : il s’était occupé de fournir des tentes pour la Valse des Capians en 2014 : coût 11 400 €. Dépense prévue dans le dossier : 23 000 €. Plus du double.

Ce sera corrigé, selon le maire. Après le vote, lui fait-on remarquer.

Autre carence du dossier : à aucun moment, on ne parle des moyens que la ville devra mettre en place : personnel des services, police, barrières, nettoyage des rues (la paille, déjections d’animaux etc…) podium et son montage pour le concert prévu. Aucun chiffrage de ce coût supplémentaire pour la collectivité, que l’élu estime à 30 000 €.

Question de M. Decroix : «Est-ce votre projet ? »

Réponse du maire : « C’est celui de M. Gillopé. »

Mme Cercio recommande alors à ses collègues : « Réfléchissez avant de voter ! »

Et avant de parler, est-ce inutile ?

M. Palix intervient pour rappeler qu’il a toujours soutenu cette association, mais qu’il est

obligé de mettre un bémol pour cette subvention, en considération de l’intérêt général : quel sera le coût réel de cette manifestation, quel ratio par rapport au budget prévisionnel ?

Quant au dossier, il constate un manque flagrant d’information, et des points nébuleux.

C’est le moins qu’on puisse dire si on examine le document présentant le budget prévisionnel de la manifestation : il est sans arrêt question de groupes – 18 au total – et ce qu’ils vont coûter sans qu’on sache jamais combien chacun comporte de personnes : 4 ou 5 ou 10…ni quand ils interviendront : pas de programme détaillé.

Un autre point interpelle : l’absence quasi-totale de recettes : l’action est subventionnée à 97% par la commune.

Il est bien prévu d’installer 100 stands sur les quais : artisans etc…qui viendront vendre leurs produits. A notre connaissance, l’occupation de l’espace public est payante. Or aucune charge ni recette n’apparaissent à ce sujet dans le budget présenté.

Ce sera, on le suppose, à la commune de s’en occuper. Ce qui lui permettra de récupérer une somme non négligeable, vu les tarifs, qui viendra fort à propos compenser l’octroi de cette subvention.

Bref, M. Palix annonce qu’il s’abstiendra.

On passe au vote : le projet est adopté dans l’enthousiasme par 13 voix pour et…16 abstentions !

Le maire semble étonné et remballe le discours, sans doute préparé, sur le blocage de la ville.

M. Decroix ironise alors en parlant du fameux 49-3 !

M. Joseph, manifestement insensible à l’humour, déclare avec gravité : « je constate qu’un adjoint de la majorité me reproche de faire du despotisme ».

Voilà qui sent le retrait de délégation…

Ne reste plus qu’à souhaiter que le ciel soit clément les 5, 6 et 7 juin et que, comme le souhaitent les organisateurs, on vienne de St-Tropez ou du Lavandou pour admirer, entre autre, les oies dressées traversant la ville derrière leur gardien.

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Published by Bandol pour tous
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