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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 23:13
Un conseil qui fera date...

Ce conseil important s’est déroulé dans une ambiance plus qu’agitée.

Le contexte : un appel à manifester lancé par de courageux anonymes sur les réseaux sociaux, prétextant un soi-disant blocage de la ville en cas de rejet du budget, menace improbable, largement relayée par les propres écrits de M. Joseph et de ses partisans.

A l’heure dite, on a pu voir une poignée de personnes réunies place de la Liberté. Au cas où l’on en aurait douté, la présence de certains montrait qu’il s’agissait bien d’une tentative de pression téléguidée, ou pour le moins encouragée par M. Joseph et ses alliés.

Un peu plus tard, font irruption dans la salle déjà comble plusieurs personnes portant des pancartes « Votez le budget », sitôt confisquées par la police : mais oui, c’est interdit. Vraiment bien peu de commerçants, parmi ces protestataires que Mme Cercio s’est empressée d’aller accueillir. Plus de place ! Elles ont dû rester debout.

Le conseil en bref :

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Le gros morceau : le budget primitif, rejeté le 26 mars et soumis au vote pour la 2ème fois.

  • Des modifications à la marge, faites par le maire dans cette nouvelle version : 80 000€ supplémentaires à dispatcher sur plusieurs postes, sur un budget de 22M €

M. Palix réitère les critiques formulées précédemment : il ne votera pas ce budget.

  • Remake : le maire est très satisfait de son budget. Il demande qu’on lui propose de nouvelles économies. On le prend au mot : et s’il se passait de directeur de cabinet ? Impossible !

Grand moment : M. Joseph vante les mérites de cet homme providentiel qui l’aide et « lui mâche le travail », puisque lui-même n’a pas le temps, répète-t-il.

Il demande ensuite qu’on lui propose de nouvelles recettes.

On lui suggère alors de mieux rentabiliser l’occupation du domaine public, (et l’on reparle des pointus, des parkings), de valoriser les ressources fiscales, de ne pas minorer le produit de la taxe qu’on a augmentée. Aucune réponse, si ce n’est qu’il faut avoir une approche « prudentielle ». Curieuse façon de défendre l’intérêt général, que de brader la ville !

  • On reparle des projets d’animations, d’autres approches possibles de gestion de la commune, que M. Joseph a jetés aux orties quand il a mis sur la touche la moitié de sa majorité.
  • M. Decroix rappelle que ce budget est l’aboutissement de près d’un an d’escalade entre brimades et sanctions diverses auxquelles s’est livré le maire pour satisfaire son ego, montant les Bandolais les uns contre les autres. Il est minoritaire : à lui d’en tirer les conséquences.
  • La première adjointe, pour prévenir toute désinformation, rappelle la procédure en cas de rejet du budget, loin de tout scénario catastrophe.

Le budget est de nouveau repoussé par16 voix contre et 13 pour.

Les budgets annexes sont également repoussés.

  • Seules seront adoptées les délibérations concernant les jeux, les subventions au CCAS et à la caisse des écoles, ainsi que les taux des taxes locales, inchangés.

Un constat : envolés les beaux principes affichés par le maire en début de mandat, qui avaient notre entière approbation : exiger du public le silence, pour assurer la sérénité des débats et le respect des élus, qui doivent pouvoir délibérer sans subir de pression.

M. Joseph a réitéré sa demande, mais s’est bien gardé d’intervenir au cours de la séance. Résultat : des gens venus exprès pour troubler l’ordre public, une belle pagaille, les uns protestant lors des interventions, d’autres applaudissant, sans compter les cris de quelques braillards dans une rue adjacente.

Belle image d’un conseil municipal.

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En préambule, Nicole Dagord rappelle la victoire haut la main de Laetitia Quilici, aux élections départementales et sa nomination au poste de Vice-Présidente, ce dont Bandol ne pourra que tirer profit.

Standing ovation d’une grande partie des élus et du public. Réaction, disons ... mitigée du maire, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas soutenu son adjointe lors de son élection, même au second tour…

Les 2 premières délibérations sont adoptées à l’unanimité.

Et l’on passe à l’examen du budget primitif.

Depuis le 26 mars, le maire a modifié certaines dotations, après les dernières discussions avec la majorité : il a saupoudré 80 000 € supplémentaires sur 5 postes, puis dans un beau mélange, il nous parle des budgets annexes du port, de celui des parkings, avant de revenir à l’investissement.

Bref, il est content de lui : c’est un bon budget, équilibré – ce qui est une stricte obligation, rappelons-le.

M. Palix fait une intervention synthétique et sobre.

Il dénonce un budget sans vision, même à court terme, sans projet, sans aucune concertation, qui aboutit à l’étranglement de la jeunesse, de l’animation, du tourisme et à la suppression des services rendus à la population : propreté, hygiène, entretien de la voirie.

Il n’y a que l’incompétence qui peut provoquer le blocage.

Quant à la mise sous tutelle ou la faillite, avec plus 2,6M €, elle n’est guère envisageable.

Seuls M. Joseph et ses proches parlent de prise d’otages.

L’élu ironise: « Félicitations ! Vous êtes le 1er maire minoritaire et dont le budget a été rejeté depuis des siècles à Bandol. Vous entrerez dans le Guinness des records… »

M. Joseph répond aux critiques en prenant les charges générales poste par poste, et en précisant le pourcentage des baisses et des augmentations : notons que si la formation augmente de 7,47%, la culture, elle, dégringole de – 32%, avec – 136 000€ sur la salle Jules Verne, la jeunesse et les sports tombent à – 5,93 % ; le centre aéré s’essouffle : – 12 % , la halte-garderie perd 3% . Mais comme le maire précise à chaque fois qu’il n’a pas refait les calculs, on ne peut être sûr de rien. Peut-être qu’il n’a pas eu le temps…ou que son dir cab a égaré sa calculette ?

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes », dit-il. Effectivement…surtout que les animations vont passer d’un réalisé de 392 000€ en 2014 à 291000€ en 2015. Voilà de quoi redynamiser Bandol, assurément !

Il évoque ensuite l’investissement : ses 3 projets, dont on se demande bien d’où il tirera les ressources pour les réaliser, sauf à accroître la dette de la commune, qu’il juge déjà trop importante, ou à augmenter nos impôts, alors que, rappelons qu’il s’est engagé dans son programme à les laisser stables pendant la mandature.

Cependant, attention ! Investir, oui, mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi : et de passer en revue les « erreurs » de M. Palix, tout en concluant : « il est vite fait de critiquer » !

Bref, tout est sombre : le passé, avec les erreurs des prédécesseurs, le présent (à cause de l’héritage), et l’avenir, plombé par la baisse des aides de l’Etat.

Laetitia Quilici intervient pour rappeler que le budget présenté le 26 mars était inacceptable : il ne correspondait pas aux besoins et supprimait des postes essentiels pour la ville et les Bandolais.

La première adjointe rappelle le fiasco de Noël dernier et ses conséquences: le maire avait décidé seul de supprimer des animations très attractives.

Elle souligne l’incohérence des choix : le budget animation est divisé par 2, le plus faible depuis 20 ans, (291 000 € pour l’année) et on consacre 115 000 € à une manifestation sur 3 jours. M. Joseph déplore l’augmentation des charges de personnel, et dans le même temps, il recrute un directeur de cabinet à 65 000 €/an.

Quant à la faiblesse des investissements, elle est fortement préjudiciable à Bandol.

« Le budget doit être élaboré avec deux objectifs : si on ne peut augmenter les services rendus aux Bandolais, au moins ne pas les diminuer.

Ensuite, préserver l’attractivité de la ville, essentielle pour notre avenir et c'est ce que nous défendons. » conclut Laetitia Quilici.

M. Bessier rappelle ses propositions développées lors du précédent conseil : transfert des spectacles au stade, grande roue, plus attractive que les troupeaux d’oies dressées, et génératrice de recettes importantes, etc....

Supprimer le petit train est une hérésie, de même qu’organiser un festival d’été à l’intérieur.

Au lieu d’une animation tous les soirs, Mme Romano en propose 2 par semaine. Il est vrai, avons-nous cru comprendre qu’elle va organiser des concours de châteaux de sable.

L’imagination est au pouvoir, n’en doutons pas !

M. Joseph intervient pour défendre le recrutement du directeur de cabinet.

Celui-ci l’aide beaucoup, pour tenir son agenda ! Pourtant, M. le maire a bien deux secrétaires à sa disposition ? Et ce ne sont pas les réunions en dehors de Bandol qui encombrent son emploi du temps : il y va rarement, comme au conseil communautaire…

Nous apprenons également que M. Lerat lui prépare les dossiers, point qui mériterait d’être éclairci : se contente-t-il de les lui déposer sur son bureau, ou lui en propose –t-il une analyse ? Il nous semblait pourtant qu’il y avait des fonctionnaires compétents dans les services.

Bref, ce monsieur « lui mâche le travail. » Bel aveu.

Et en plus, M. Joseph l’envoie dans la ville pour être à l’écoute de la population, prendre le pouls du peuple en quelque sorte…et lui en référer quand il sort de son cabinet. Une sorte de courroie de transmission, laquelle marche dans les deux sens. De mieux en mieux !

Pour résumer, le directeur de cabinet serait un « facilitateur politique » !

Mission accomplie : d’une municipalité en proie à de sérieuses difficultés internes, on en est arrivé à une rupture ouverte, avec des tensions exacerbées, une escalade dans les sanctions de plus en plus mesquines, sans compter les répercussions dans la population où règne un climat délétère.

M. Joseph reproche aux élus de s’être abstenus lors de la délibération sur les Pointus : « Il faut avoir le courage de ses opinions. »

Justement, Jean-Pierre Rolland a des choses à dire.

Nous avons remarqué que, dès que l’adjoint a été écarté de l’Urbanisme, M. Joseph s’est empressé de légiférer. Décision N°6 prise par lui le 1er avril : l’autorisation d’occupation du domaine public est accordée à l’association « les Pointus » pour un forfait de…300 €.

Occupation de la ville, pendant 3 jours, du Carrousel au Kiosque à musique, où s’installeront une centaine de stands commerciaux, à 200 € la place précise l’adjoint. Il a constaté de plus qu’aucune recette n’était prévue dans le budget prévisionnel de cette manifestation. Où ira cet argent ? Aucune rentrée n’est prévue pour la ville.

Pas de réponse.

Laurent Garrido intervient. « On aurait pu valoriser les ressources fiscales », la taxe sur les droits de mutation d’abord. L’élu s’est rapproché du trésor public et des communes voisines qui l’ont maintenue à hauteur pour 2015: M. Joseph l’a abaissée la semaine dernière de 1180 000 à 1050 000 €, se privant de 135 000 € de recette.

Idem pour la taxe d’habitation minorée ; beaucoup à dire aussi sur la politique menée en matière de construction, et les moins-values qu’elle risque d’engendrer.

On aurait pu faire différemment. Ce que reconnaît le maire, en précisant qu’il a affecté 180 000€ au poste « dépenses imprévues ». Ses prédécesseurs ne l’ont jamais fait.

Il est de nouveau question d’animations et Mme Hecq précise qu’il y aura un festival de musique classique sur 6 jours, la commune se contentant de louer la salle Jules Verne à l’organisateur. A ce propos, il semblerait qu’il y ait eu un léger problème sur la légalité de l’appel d’offre. M. Joseph parle d’une « importante maladresse du producteur », laquelle pourrait engager sa propre responsabilité au pénal, il le déplore. C’est un peu tard.

Où l’on reparle des plages…Sylvie Logeais n’est pas satisfaite de la rallonge de 15 000 € ajoutée pour la sécurité des plages, notoirement insuffisante : l’élue estime qu’on fait un bond de 14 ans en arrière. Elle a du mal à se faire entendre, quelques personnes excitées ne supportant manifestement pas qu’on puisse critiquer le maire, lequel reste de marbre devant cette atteinte au droit d’expression. Il y a loin des principes aux actes.

M. Decherchi veut justifier le choix de la SNSM dont le taux de qualification serait supérieur. (Cf CR du précédent conseil).

M. Rolland revient sur les ressources potentielles dont on se prive : le tournage d’une série, pendant un mois, sans aucun profit direct pour la commune, parce que le maire a donné la gratuité d’une partie du parking du Casino, et d’autres places de stationnement, à l’équipe de tournage. Sans compter des perturbations dans le centre-ville

Que quelques hôtels et restaurants aient eu des retombées financières, comme l’indique Mme Hecq, c’est parfait ! Mais est-ce une raison pour faire perdre de l’argent à la commune ?

Second point et plus grave, abordé par l’ex adjoint à l’Urbanisme, le directeur de cabinet empiète sur le rôle des élus : ce n’est pas à cette personne de donner des autorisations d’occupation du domaine public. Même si le maire lui donne son aval.

Laetitia Quilici résume les points qui rendent ce budget inacceptable. « Certes, nous avons réclamé des dépenses supplémentaires, mais nous vous avons proposé des économies et fourni des pistes de recettes. » Il s’agit d’un prévisionnel : rien n’interdit d’inscrire un emprunt, quitte à ne pas le réaliser si la conjoncture ne s’y prête pas.

L’approche que le maire qualifie de prudentielle est en fait timorée, étroite et sans ambition.

Aucun axe prioritaire ne se dégage de ce budget, dont la conception purement comptable est bien éloignée du programme pour lequel leur liste a été élue, et en plus, dangereuse pour la ville.

« Ayons la volonté de nous donner les moyens d'atteindre nos objectifs, c'est ce que les Bandolais attendent de nous ! »

7 heures de réunion pour aboutir à une augmentation de 80 000€ : 3 millième du budget ! C’est se moquer du monde ! Toute discussion est impossible avec quelqu’un muré dans ses certitudes.

Ce budget n’est pas celui de la majorité.

Vaine tentative de Mme Cercio de mettre en porte à faux la 1ère adjointe.

Jean-Yves Decroix va faire un bilan sans concession de ce début de mandature.

Il met en cause la gestion de la commune par M. Joseph.

Bandol est la seule ville qui n’ait pas demandé de subventions à la CA Sud Ste Baume.

Les débats réclamés sur des points essentiels n’ont jamais eu lieu : sur le Casino, la SOGEBA…

Ce budget est l’aboutissement de 10 mois d’escalade.

"On est parti avec une équipe de 23 élus, qui aurait pu s’ouvrir à l’opposition pour qu’on travaille ensemble. Et qu’avons-nous eu ?

Le dossier SOGEBA, où nous avons été marginalisés, puis une motion présentée par 12 personnes qui a entraîné deux sanctions, puis le retrait des délégations !"

A ce stade, cela aurait pu se rattraper, mais cette possibilité n’a pas été saisie.

« Vous avez réussi à faire exploser la majorité, à faire exploser l’opposition. Vous avez monté les Bandolais les uns contre les autres »

Quand on est maire, il faut savoir mettre son ego de côté, si l’on veut faire fonctionner la ville !Vous êtes le maire d’une minorité, un minorimaire. »

Après ce néologisme, l’élu termine en rappelant que, selon la loi, le maire gère la ville sous le contrôle du conseil municipal, et il invite M. Joseph à tirer les conclusions de la situation.

Celui-ci riposte et évoque deux faits concernant M. Decroix. Il lui reproche d’abord d’avoir organisé chez lui une réunion où l’on a demandé sa démission.

L’élu conteste le fait et lui indique qu’il s’agissait d’une réunion d’information privée : il a le droit de faire ce qu’il veut chez lui, avec des invités de son choix.

Il rappelle aussi que des gens de l’entourage du maire se sont permis de mettre en trophée sur Facebook la tête des élus privés de délégation, comportement hautement condamnable.

Second grief : le 2ème adjoint aurait incité des membres de la majorité à réclamer sa démission ; M. Joseph invite M. Decherchi à apporter son témoignage. Lequel s’exécute, avant de concéder, avec honnêteté, que de tels mots n’ont jamais été prononcés et qu’il s’agissait de sous-entendus.

On respire !

Intervention de Mme Cercio qui lit quelques phrases d’un tract émanant, dit-elle, des commerçants, lesquels demandent bien sûr aux élus de voter le budget, sous peine de voir la ville mourir. M. Garrido la rassure, lui indiquant qu’elle a quelques lacunes en droit.

A son tour, Mme Dagord nous donne lecture d’un courrier adressé en 2011 au maire, au titre évocateur : « une parodie de démocratie locale ». Tout y est « stratégie d’évitement, petits arrangements peu flatteurs, image exécrable de la démocratie locale, gestion nuisible au fonctionnement du service public, au lieu d’en tirer des conclusions conformes à l’éthique etc…

Lettre signée … Jean-Paul Joseph, parfaite illustration de ce qu’il est convenu d’appeler : l’effet boomerang.

Devant la campagne de désinformation, Mme Quilici précise ce que prévoit la loi en cas de refus du budget.

Le 16 avril, le préfet est avisé, il saisit la Chambre Régionale des Comptes, qui examine les comptes et a un mois pour statuer.

Dans la mesure où le rejet est de nature politique et non comptable (absence d’équilibre ou autre…), la CRC émet un avis, peut recommander quelques modifications à la marge, et renvoie le budget au préfet, lequel, dans un délai de 20 jours, le règle (il se substitue au vote du conseil municipal) et le rend exécutoire. Le budget retourne en mairie.

Comme M. Joseph s’inquiète des associations, Mme Quilici lui rappelle opportunément qu’en 2014, les subventions ne leur ont pas été versées avant fin mai et courant juin…

Il dit ne pas s’être penché sur ce qui se passerait si le budget était rejeté, occupé qu’il était, lui, à travailler pour la ville.

Pourtant, le 30 mars, on pouvait lire sur son blog un article intitulé « Le budget rejeté, c’est Bandol qui est bloqué », dans lequel la procédure légale est exposée dans ses moindres détails, avec cependant quelques erreurs.

Petite interrogation : M. Le maire lit-il le blog de Jean-Paul Joseph ?

Le vote a lieu à bulletins secrets.

Budget rejeté par 16 voix contre et 13 pour.

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Published by Bandol pour tous
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