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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 22:52

Cet entre-deux tours nous aura permis d’assister à une nouvelle version de la pièce de Bertolt Brecht « Dans la jungle des villes ».

Déjà l’atmosphère était lourde, mais elle est devenue franchement irrespirable.

Désormais, on tire à vue !

Non seulement le débat d’idées est plus que succinct chez certains candidats, mais ils essaient de remporter par juges interposés une victoire qu’ils craignent de leur voir échapper dans les urnes…

Ils savent que leur plainte n’a, en général, que fort peu de chance d’aboutir, mais qu’importe, ça permet toujours de nuire à l’adversaire...

M. Joseph avait montré l’exemple, en portant plainte contre Mme Quilici devant le Tribunal de Grande Instance, à propos de l’investiture LR – plainte non recevable – mais si ça permettait de faire perdre des voix à la première adjointe, pourquoi s’en priver ?

Entraîné par l’élan – on ne change pas une tactique qui gagne – voilà que le maire porte plainte également contre M. Palix, accusé de distribuer un tract diffamatoire.

Sans doute pour pallier la pauvreté affligeante du programme qu’il nous propose pour le reste de son mandat.

Mais M. Joseph est bientôt pris à ce piège : Dame Cercio, son ex alliée, saisit à son tour la justice pour « extorsion », on n’a pas bien compris de quoi : pas de fonds, ni de confitures, on est rassuré.

A grand renfort de publicité, elle l’accuse devant le procureur de lui avoir envoyé un colistier pour lui proposer de retirer sa liste. Grave accusation, qu’elle va devoir solidement étayer.

On ne peut que s’étonner : quel serait l’intérêt de cette manœuvre pour le maire sortant qui l’a devancée au 1er tour de 10 % des voix ? Alors qu’elle ne semble pas avoir de réserves. Enfin...

Voilà en tout cas qui a permis à la candidate d’échapper au débat organisé par Var-matin, sous le prétexte « qu’il ne lui était pas possible de débattre intellectuellement et moralement » avec M. Joseph (sic).

On peut effectivement subodorer un prétexte, au vu de sa piètre performance le soir-même à la Société Nautique.

Mme Cercio n’est manifestement pas mûre pour un débat public : elle est incapable de s’exprimer sans le secours de son texte, sur lequel elle jette les yeux sans arrêt.

L’exercice auquel on assiste manque totalement de sincérité. On est bien au théâtre, en pleine représentation ; mais la moindre des choses, c’est de posséder son texte, et quand on ne le connaît pas, ni les mimiques, ni une gestuelle soigneusement étudiée ne servent à grand-chose.

De plus, sur 23 minutes d’intervention, 21 ont été consacrées au massacre en règle de ses deux adversaires, et le reste à répéter des formules incantatoires : « Bandol doit redevenir Bandol !» et « Nous dirons ce que nous ferons, et nous ferons ce que nous dirons ! » qu’elle demande à l’assistance de reprendre en cœur. Sans parler d’une proposition « empruntée" à une autre candidate.

Nous n’en saurons pas plus.

C’est quand même bien Mme Cercio qui se présente au poste de maire ? C’était à elle de répondre aux questions sur un programme dont elle n’a jamais parlé ce soir-là.

Renvoyer l’assistance autour de tables consacrées à des thématiques n’est qu’un subterfuge.

La candidate a déversé un flot d’invectives d’une virulence inquiétante sur ses deux adversaires.

Haro sur M. Palix, qui lui a octroyé des contrats avantageux, dont elle profite encore aujourd’hui, et qu’elle accuse :

Pour elle, l’ancien maire veut assouvir son désir de vengeance, il est antidémocratique. C’est un homme du passé, dit-elle, manipulateur, égoïste, revanchard, prêt à tout, aux basses manœuvres, aux petits arrangements entre amis, sans perspectives d’avenir (sic)...N’en jetons plus !

Voilà qui s’appelle mordre la main qui vous a nourri.

Que Mme Cercio s’explique ! Elle qui a côtoyé pendant deux ans un individu si abominable selon ses dires, pourquoi a-t-elle fait sa campagne pour l’aider à devenir maire de la ville ?

Pourquoi s’est-elle présentée sur sa liste en position d’adjointe ? C’est du masochisme !

Mais pas de jaloux, elle enchaîne sur une autre cible.

Feu sur M. Joseph : lui, un maire désintéressé ? Courageux ? C’est faux, assure-t-elle. Il ne se soucie pas des Bandolais, et se représente par fierté. Elle se demande même s’il y a eu un maire pendant 18 mois ! Aucun bilan à ce jour ! La victimisation a ses limites. Notre élue a rapidement ( !) pris conscience des limites du 1er magistrat : « incapacité à fédérer, incapacité à manager, individualisme, immobilisme, survol des dossiers, volonté d’isoler Bandol, bref, incapacité à être maire… »

Elle a l’a pourtant soutenu pendant de longs mois, tous ont pu le constater. Amnésie ? Mais non, voyons : c’était la fonction malmenée qu’elle soutenait, pas l’homme !

On reste pantois devant ce non-sens. Que c’est difficile de faire le grand écart !

Mais pas de jaloux, la candidate met tout le monde d’accord : Mrs Palix et Joseph possèdent en commun l’art de pratiquer la calomnie, la médisance, la manipulation et les mensonges.

Et elle s’y connaît.

Heureusement qu’elle veut créer du lien, nous dit-elle. On nous permettra d'en douter, après de tels discours qui nous délivrent un message peu encourageant sur ses capacités à rassembler et sur la confiance qu’on peut lui accorder, puisqu’elle dit le contraire de ce qu’elle a fait.

Et quand Mme Cercio fait remarquer que 70 % des électeurs n’ont plus voulu de M. Joseph comme maire, elle oublie que 80 % des électeurs ne veulent pas d’elle non plus.

Cet entre-deux tours tient bien ses promesses : quelle image dégradée de la politique on nous présente !

Mais les Bandolais ne pourront pas se plaindre.

On a les élus qu’on mérite.

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Published by Bandol pour tous
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