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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 23:08
Les associations passées à la moulinette

Au vu du dernier conseil, les craintes du milieu associatif étaient bien fondées, …

Déjà, l’an dernier, contre l’avis d’une majorité d’élus, le maire avait écarté une dizaine d’associations, dont plusieurs caritatives, sous prétexte qu’elles n’avaient pas « d’intérêt local », et la plupart des autres avaient vu leurs subventions fortement baisser.

C’est la même politique qui est à l’œuvre cette année et il est légitime de s’interroger sur sa finalité. Veut-on les faire disparaître ?

Pourquoi une attribution si tardive ?

Jusqu’en 2015, le vote des subventions se faisait au 1er trimestre. Déjà, l’an dernier, M. Joseph l’avait repoussé au 23 juillet, soit 3 semaines après le vote du Budget Primitif.

Cette année, il était possible de faire voter les subventions dès le 14 avril, date de l’adoption du BP... Eh bien non : le maire a fait traîner encore deux mois.

Il est inadmissible d’attendre la mi-juin pour faire voter les subventions aux associations. Et encore, pas à toutes :10 ont été laissées de côté. Pour le prochain conseil ou définitivement ?

Inadmissible, parce que, dans l’ignorance du montant accordé, il leur est difficile d’attendre le second semestre pour organiser les actions qu’elles pourront proposer à leurs adhérents, et gérer leurs charges de personnel, quand elles ont des salariés.

Des critères sans rapport avec la réalité associative et l’intérêt des Bandolais !

Il est fâcheux d’avoir confié l’examen des dossiers à des personnes qui ont manifestement une méconnaissance stupéfiante des associations et de plus, une conception totalement erronée de leur fonction et du rôle qu’elles doivent jouer dans la cité.

Il suffit de voir les critères retenus, et ceux laissés de côté, pour attribuer des subventions.

D’abord l’exigence d’un budget équilibré ! Mais pour les associations, (et les collectivités), un prévisionnel doit l’être obligatoirement, sinon leur dossier est irrecevable !

Plus grave, le critère essentiel exigé, « l’utilité pour la ville » , à travers un projet d’animation, en plus d’être ridiculement réducteur, ne correspond ni à l’objet ni au rôle de la plupart de nos associations.

Non, une association n’est pas là pour « proposer des manifestations au plus grand nombre» (lettre du 22 mars du directeur du cabinet aux associations, signée par le maire.)

De par ses statuts, une association a des adhérents, auxquels elle propose avant tout DES ACTIVITÉS – sportives, culturelles, éducatives, de loisirs etc…Elle crée ainsi quelque chose d’irremplaçable : un lien social, favorisant le vivre ensemble, toute condition, tout âge confondus. Ce qui fait d’elle un rouage essentiel dans la vie de la cité.

Sauf certaines, formées en vue d’organiser un évènement bien particulier, comme le Printemps des potiers, une association n’a pas pour vocation première de fournir « des animations à la ville ( ???) et aux Bandolais ! » (Article publié sur le site des élus). Glissement révélateur : on est passé des manifestations – terme assez vague – aux animations. Et du plus grand nombre …à l’ensemble de la population.

Vouloir juger les associations à l’aune de ce critère est proprement scandaleux.

Quelle confusion ! Une association n’est pas là pour pallier les carences de la municipalité en animations, en évènements festifs, comme le voudrait M. Joseph, qui se refuse à dégager des ressources suffisantes sur ce poste, pourtant essentiel pour une commune touristique.

Une association, de par ses statuts, a un objet. Et elle met en œuvre des actions pour l’atteindre.

La différence ? Une animation est ponctuelle, des actions répondent à des objectifs précis et se construisent dans la durée : ce sont elles qui sont profitables aux Bandolais.

Où est l’intérêt réel des Bandolais quand, en 2015, on ampute de plusieurs milliers d’euros la subvention d’une association, destinée en grande partie à nos jeunes sur l’année, et qu’en 2016, on lui reverse le quart de la somme enlevée pour organiser une animation sur un ou deux jours ?

Le dernier critère, il fallait s’y attendre, est comptable.

Si l’on est d’accord pour éviter tout gaspillage de l’argent public, il n’en demeure pas moins que les associations sont obligées d’avoir de la trésorerie, raisonnablement bien sûr.

Parce que leurs ressources sont aléatoires : elles dépendent des cotisations de leurs adhérents, et des subventions, qui leur permettent d’ailleurs de pratiquer des prix d’adhésion modiques.

Parce qu’elles ont souvent des salariés, et qu’on ne peut gérer les charges de personnel au jour le jour, ni attendre le second semestre pour le payer.

Le « bas de laine » est en fait une bouée de sauvetage, indispensable pour faire face à l’imprévu.…

Comment peut-on leur reprocher d’avoir quelques réserves, quand on fait en sorte que l’aide 2016 ne soit pas versée avant la mi-juillet ?

(Signalons au passage que les associations ne font pas de bénéfices ; elles peuvent avoir des excédents, parfaitement licites, à condition que l’argent soit utilisé pour leur objet, ce qui est le cas)

Et comment se fait-il que le nombre d’adhérents n’ait pas été pris en compte ?

N’est-il pas un facteur important pour mesurer l’action bénéfique d’une association pour les habitants ? Il semblerait que non.

Ces questions ne semblent pas avoir même effleuré l’esprit de nos élus, comme on l’a vu au conseil.

Au piquet !

Loin de ces considérations, l’adjointe aux associations égrène les sommes demandées, et celles accordées, avec un écart souvent important, ce qui est courant.

Ce qui l’est moins, elle précise aussi, pour justifier la baisse, ce que les unes et les autres ont sur leur compte, jusqu’au moindre euro...laissant de côté les centimes.

C’est bien la première fois qu’on se permet de d’étaler sur la place publique les comptes bancaires des associations ! Surtout que les sommes en question n’ont de sens que si elles sont replacées dans le contexte d’un bilan annuel, et des charges afférentes.

Nous doutons fort que " les vins de Bandol" soient ravis de voir ainsi leurs comptes jetés en pâture. D’autant plus qu’on ne les a pas épargnés : 20 000 € attribués, au lieu des 30 000 habituels! En préliminaire des discussions pour optimiser leur manifestation, nous précise-t-on! Curieuse façon de traiter des partenaires…

Et s’ils décidaient d’aller ailleurs ? Dans une ville plus accueillante qui serait ravie de l’aubaine ?

Le résultat ? encore des baisses.

42 subventions accordées. Par rapport à 2015 : 21 en sont en baisse, (de moitié, du tiers, parfois de… 10 € : tout est bon à gratter ! ) 8 sont en hausse et 9 restent identiques.

Par rapport à 2014, on en compte 31 en baisse.

Sans oublier les 10 associations qui n’ont rien eu encore.

Le tableau des attributions souligne l’aspect dérisoire du procédé mis en œuvre et de cette gestion municipale au petit pied.

Mais ce n’est pas tout ! Pour répondre à quelques critiques de l’opposition devant une association particulièrement massacrée, le maire prétend qu’il lui manquait des éléments d’appréciation, qu’il y aura des rallonges, une seconde fournée, des aides exceptionnelles, etc…lesquelles, si elles arrivent, le feront avec des mois de retard.

« On est là pour discuter ». Avec qui ?

Ce n’est pas sérieux ! On croyait que les dossiers avaient été étudiés cette année d’une façon approfondie, chose qui n’avait jamais été faite, prétendait récemment l’adjointe aux associations – ce qui n’était pas gentil pour ses petits camarades en charge des subventions l’an dernier, Mme Maes et M. Bertoncini.

Aurait-on affaire à une politique délibérée de mainmise sur les associations, qu’on étrangle d'abord pour les obliger à quémander ensuite une rallonge ?

Clientélisme ? Electoralisme ?

D’autant plus que ces restrictions se doublent d’une volonté de contrôle qui dépasse largement les règles officielles.

Déjà, M. Joseph réclame à priori les factures. Ce que ne font jamais pour des sommes aussi faibles ni le Département, ni la Région, ni l’Etat,( lequel demande de réduire au maximum les documents exigés pour les dossiers), se réservant la possibilité d'un contrôle à postériori.

Résultat : des kilos de paperasses qui vont traîner dans un placard de la Mairie pendant des lustres et que personne n’aura examinés !

De plus, le maire voudrait exercer un contrôle continu sur les associations : dans la lettre citée plus haut, il demande qu’on lui transmette le bilan après chaque manifestation :public, budget, retombées…alors que selon la règle, il suffit est de le présenter globalement une fois par an.

Des dossiers mensuels, en quelque sorte. Les bénévoles n’ont rien d’autre à faire…

On nous apprend également que « M. Maes souhaiterait avoir des relevés de compte plus fréquents pour…mieux ajuster ( ?). ». A quel titre ?

Et pourquoi pas le code d’accès internet pendant qu’on y est ?

Jusqu’à ce jour, Bandol avait la chance d’avoir un tissu associatif varié, qui représente la vraie richesse de notre ville et qui la rend vivante tout au long de l’année, grâce au travail des bénévoles qui s’investissent, y consacrent leur temps et leur énergie.

Il serait temps que nos élus en prennent rapidement conscience et qu’ils essaient de le préserver, plutôt que de le démolir.

Sinon, ce serait perdant / perdant.

Les associations passées à la moulinette

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Published by Bandol pour tous
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commentaires

Christian Delaud 28/06/2016 08:14

Les associations ont, de tout temps, joué un rôle essentiel à Bandol: lien social, lien intergénérationnel, culture, ...
Le maire et sa majorité entreprennent la casse d' un outil qui a fait ses preuves.
Non contents d'imposer aux associations de pallier leur défaillance d'animations, ils veulent les mettre au pas.