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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 12:08

Le public s’était déplacé en nombre (80 personnes) et avait dû attendre au rez-de-chaussée, tous les accès à la salle du conseil ayant été bloqués. Une première.

La majorité était presque complète, la mésaventure du quorum non atteint lui ayant, semble-t-il, servi de leçon.

Curieusement, le maire commence par la délibération N°2, le fameux Contrat de Mixité Sociale. Pourquoi ? On l’ignore, surtout que c’est lui qui fixe l’ordre du jour.

Nous avons droit à une lecture soporifique du texte, M. Joseph espérant sans doute anesthésier les opposants.

Il va marteler des arguments, semés tout au long de son discours, pour justifier le contrat qu’il présente au conseil.

1er point : c’est la loi, il n’y est pour rien et ne peut rien faire. Nous n’avons pas le choix, etc…air connu.

Tout en prétendant ne pas vouloir incriminer ses prédécesseurs, M. Joseph souligne que l’état de carence de la commune faisait suite aux réalisations 2011-2013, insuffisantes.

Ce qui lui vaut la réplique de M. Champion, alors en charge du social : « M. Palix a construit 88 LLS, et vous 0. »

Le maire occulte sa propre responsabilité, comme d’habitude. Pourquoi n’a-t-il rien fait pendant la première partie de son mandat ? « La situation était difficile » sera la seule réponse. Bien sûr, M. Joseph ne peut reconnaître qu’il a bloqué toutes les initiatives en la matière.

Interrogé sur l’urgence qu’il y aurait à voter le texte, il ne donne guère de raisons convaincantes.

En fait, la contestation se développant (pétitions et autre), il veut faire vite.

Il est clair qu’il n’a jamais envisagé de réunion avec la population, lui qui passait son temps à donner des leçons de démocratie à d'autres élus.

Second point : les modifications que M. Joseph aurait obtenues après « d’âpres négociations ». « Je me suis battu, insiste-t-il » Oui, au téléphone, comme il l’a expliqué le 8 juillet !!!

Et avec quelle efficacité !

Car le problème, c’est que l’ajout des quelques mots sur le foncier, rare, sur les risques naturels, n’a strictement aucune incidence sur les objectifs du contrat et sa mise en œuvre.

Rien en effet, qui permette de pavoiser et de revoir à la baisse le nombre de logements à construire…Parler de « phrase excessivement importante » (sic), c’est se moquer de nous.

Troisième point, M. Joseph tente de dédramatiser l’arrivée de nouveaux occupants. Si l’on excepte les PLAI, les autres catégories de logements sociaux s’adressent à des personnes ayant des revenus moyens. Ex : plafond de ressources d’un ménage avec un enfant pour les PLUS : 2900 €, et pour les PLS : 3800 €.

En fait, 49 % de la population bandolaise pourrait postuler.

De quoi apaiser les craintes de beaucoup.

Il y a plus de 200 demandes qui proviennent de Bandolais (et non 1000, comme indiqué par l’élu en charge du dossier le 8 juillet).

Quand on a de bons arguments, et celui-ci en est un, le devoir d’un élu, investi du pouvoir par ses concitoyens, c’est de convaincre la population, pas de la tenir à l’écart, ni de faire taire l’opposition par tous les moyens, sous prétexte qu’elle dirait n’importe quoi.

Quatrième point : le maire agite une nouvelle fois la pénalité SRU qui pourrait augmenter jusqu’à 1,3 M et bien sûr, cette majoration sera écartée grâce aux modifications obtenues.

Dernier point, M ; Joseph reconnaît explicitement que les objectifs posés sont difficilement réalisables (nous l’avons souligné dans un précédent article, qu’il a dû lire…) et ne seront sans doute pas atteints. (terrains pollués, etc…)

Le maire, changeant de sujet, explique pourquoi il est nécessaire de modifier le PLU, suite à la loi ALUR ( qui supprime, rappelons-le tout Coefficient d’Occupation des Sols.)

Elle permettrait en l’état la construction de 2 000 logements supplémentaires.

Question : qu’attend-il ?

Nous espérons avoir mal compris, tant sa réponse a de quoi laisser pantois : le PLU a été attaqué en justice en 2013 par une association. Si celle-ci avait gagné, la modification qu’on aurait pu faire serait elle aussi tombée.

Donc M. Joseph a tranquillement attendu le jugement, et depuis 2014, il a laissé faire ce qu’on constate dans nos quartiers : les maisons détruites, et remplacées par des immeubles, avec sur 1000 m² de terrain, 800m² construits.

Sauf que la commune a gagné…

La suite est cocasse, M. Joseph, qui, en 2013, avait appelé à voter contre le PLU, le trouve aujourd’hui meilleur que celui de 2008.

Les a-t-il lus ? Rien n’est moins sûr, vu que celui de 2013 reprenait pratiquement l’économie de celui de 2008, avec l’ajout de directives récentes (le PADD), ainsi que les recommandations du commissaire enquêteur.

On ne peut demander à un document de 2013 de protéger contre les directives d’une loi de 2014. Par contre, en 2014, on pouvait le modifier, comme on l’a vu plus haut.

Inertie, une fois de plus.

M. Garcia s’interroge sur la cohésion sociale évoquée, et que ce contrat ne respecte pas.

Réponse du maire : « si vous m’aviez écouté, vous n’auriez pas posé la question »

Et donc, pas de réponse, tant pis pour le mauvais élève… et pour la démocratie.

Mme Cercio demande de préciser quel pourcentage représenterait la pénalité SRU par rapport au budget communal, la réponse fuse : « Ridicule ! Vous connaissez la réponse » !

Ben voyons ! D’ailleurs elle aussi est une mauvaise élève : elle n’a rien compris.

M. Chorel s’y met, puis Mme Eymes...Tous parlent en même temps que l’élue, rendue inaudible, et qui hausse le ton.

M. Roux intervient violemment, se disant énervé par « la mauvaise foi de l’opposition ».

Mme Gaudin quant à elle, n’a « jamais entendu une opposition crier aussi fort ».

Eh oui, Madame, lors de votre précédent mandat, M. Barois la laissait s’exprimer, sans l’interrompre, ni la ridiculiser et la traiter comme M. Joseph le fait depuis son élection.

Brouhaha…Sans intervention du maire qui laisse faire : ça l’arrange.

Un certain nombre de personnes qui l’ont soutenu commencent à comprendre, un peu tard, beaucoup de choses sur la première partie de sa mandature.

M. Champion, chiffres à l’appui, intervient sur l’absence de conformité du CMS avec le PLU en vigueur, lequel n’autorisait que 500 logements supplémentaires, lesquels ont déjà été construits…

Réponse : la loi prime sur le PLU.

Il s’étonne aussi des différences importantes avec le PLH de la communauté d’agglomération qui prévoit 373 logements à Bandol sur les 6 ans.

Réponse : ce PLH va, lui aussi être révisé.

Il évoque aussi une loi en cours de vote, plus favorable à la commune.

Réponse : on verra plus tard.

On passe au vote, sans surprise : 5 contre, M. Palix et Mme Osten étant absents.

La majorité semble étonnée : elle vote pour, dans son ensemble, sauf un élu, absent et non représenté.

On aborde ensuite la délibération N°1, le vote du PLU 2013 dans son ensemble, auquel s’ajoutent deux changements, suite à des jugements du tribunal administratif.

M. Joseph annonce le calendrier concernant l’urbanisme : la modification du PLU sera lancée en septembre, avec une enquête publique.

Puis sans attendre son vote, en octobre, le maire lancera cette fois une nouvelle révision du PLU 2013, dont il annonce le coût : 40 000 €.

Là, il y a matière à s’inquiéter. Nous y reviendrons ultérieurement.

La délibération est approuvée à l’unanimité.

On retiendra des 5 délibérations restantes, la N°5, qui accorde 10 000 € de subvention à l’entreprise de spectacle privée qui produit « Classica Bandol ».

M. Joseph plaide pour la patience : l’an dernier, ce festival de musique n’avait pas eu grand succès (il avait déclaré alors tout le contraire) et il espère que cette année le public sera au rendez-vous, d’autant plus, ajoute Mme Sarkissian, l’adjointe déléguée à la culture, qu’il y a aura des artistes connus, avec Patrick Poivre d’Arvor et Francis Huster, dont on ignorait qu’ils étaient musiciens…

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Published by Bandol pour tous
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