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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:56

La stratégie financière du maire se confirme et s’expose enfin au grand jour.

On peut d’autant plus regretter le désintérêt des Bandolais pour les conseils municipaux (13 personnes pour tout public, comme pour la séance précédente), car c’est là une source d’information précieuse.

Sinon, on aura le choix entre les outils de propagande du maire, via le magazine ou le site internet de la ville, avec les articles sur le DOB et sur son budget qu’il qualifie de « responsable et ambitieux », et le compte-rendu de Var-Matin…

Quelle stratégie financière ? On y voit plus clair.

Principe de base : on pousse des cris d’alarme dès qu’on est élu, on incrimine le prédécesseur, l’Etat… et on annonce à mots couverts une augmentation des impôts. En l’occurrence, on laisse le préfet s’en charger à votre place, et on se garde bien d’intervenir... On en profite même, l’occasion est trop belle, pour se débarrasser de ceux qui vous ont permis d’occuper votre fauteuil ! Puis, la main sur le cœur, après vous avoir bien essorés, on vous promet « la stabilité fiscale » sauf accident…

Parallèlement : on économise ! On taille dans le vif, rien n’échappe aux coupes sombres, même les postes les plus essentiels à la vie, on peut même dire à la survie d’une commune touristique : les animations. Et on s’attaque aussi à ce qui préserve le tissu social : les associations. On en a laissé 20 sur le carreau en leur refusant toute subvention, les 45 autres ayant vu les aides communales fortement baisser.

Avec le même refrain : « sans diminuer les services rendus à la population », ce qui est une contre vérité flagrante, constatée quotidiennement par les Bandolais.

« Pas d’argent ! » pleure-t-on ! Pendant 2 ans, plus d’investissements, c’est-dire plus de travaux d’entretien, dont certains étaient indispensables…Les quartiers se dégradent, voirie, espaces verts, mais le maire refuse toute responsabilité : ce sont les autres qui auraient bloqué, toujours les autres…

En réalité, vous engrangez : peu en 2014 ; mais en 2015 jackpot : 2 M €, et en 2016, plus de 3M€. Et comme vous augmentez de façon dérisoire les postes essentiels en 2017, vous allez continuer à remplir les caisses.

Pour améliorer le quotidien des Bandolais ? Pas vraiment.

Mais pour financer le projet phare de votre mandat, le Quai de Gaulle, en empruntant le moins possible, grâce à ces excédents, ce qui, vous l’espérez, assurera votre réélection. Voilà le but ultime.

Politique fiction ?

Non ! La réalité.

Sur 23 délibérations, plus de la moitié concernait les finances locales.

Avec souvent l’impression d’assister à un remake du précédent débat d’orientation budgétaire, M. Joseph étant manifestement un adepte de la méthode Coué, jointe à une fâcheuse tendance à pratiquer ce qu’il faut bien qualifier de désinformation (sans guillemets ni point d’interrogation), voire de manipulation.

D’où la nécessité si l’on veut y voir clair, d’examiner poste par poste la politique financière menée par la municipalité, et de bien vérifier les chiffres donnés par le maire, lequel a une fâcheuse tendance à occulter la réalité.

Quant à l’opposition, bien esseulée, si elle soulève des points intéressants, elle devrait insister davantage sur l’essentiel, et ne pas hésiter à manifester son désaccord au moment des votes, toute tentative d’être constructive étant vouée à l’échec avec un maire incapable d’entendre, même ses colistiers, et qui ôte sa confiance à quiconque émet un avis divergent.

M. Joseph fait enfin voter les comptes rendus des conseils du mois de décembre. Encore un petit effort : n’en manquent plus que 2 !

Puis on entre dans le vif du sujet.

Précisons qu’un Budget Primitif n’est qu’un prévisionnel. On peut parfaitement l’élaborer avant le vote du Compte Administratif – la plupart des communes, ayant dès fin décembre, en leur possession les chiffres de l’année écoulée – et se donner de la marge, afin de pallier les imprévus. La date n’est pas un problème. C’est ce BP en soi, qui poursuit la même politique néfaste pour la ville : comment pourrait-il en être autrement, quand on se refuse à voir ce qui ne va pas, quand on nie les échecs, les carences, quand on crée un Bandol imaginaire pour mieux tromper et manipuler.

Après avoir annoncé le montant du budget de fonctionnement (21 393 238 €) et celui de l’investissement (5 000 698 €), M. Joseph précise que l’excédent de fonctionnement 2016 – qu’il évalue à 3,7 M €, ce qui est considérable – sera affecté dans un budget complémentaire, une fois le CA voté.

Prenons la fiscalité : pas d’augmentation pour 2017, M. Joseph s’y est engagé!

Sauf qu’en 2015, nous avons déjà été ponctionnés, non pas de 1,3M € d’impôt supplémentaire, comme l’a dit le maire, mais bien de 1.5 M €. (dont 620 000 € correspondant à l’augmentation de 20 % de la TH sur les résidences secondaires, somme que M. Joseph s’obstine à minorer, parlant de 400 à 500 000 € !)

C’est surtout grâce à cet effort demandé aux Bandolais que vient la relative « bonne santé de nos finances ». M. Joseph le passe systématiquement sous silence, et en attribue tout le mérite à « sa bonne gestion » et à ses économies, comme le fait remarquer Mme Cercio, en parlant de désinformation – terme que M. Joseph trouve vraiment peu aimable. Aurait-il préféré « mensonge par omission » ?

Cette hausse de nos impôts, cumulée sur 3 ans (2015-2017) s’élève à 4.5 M€ et compense très largement la baisse de la dotation de l’Etat sur 4 ans (2014 à 2017): 1.46 M€.

Certes, la contribution de compensation réclamée à la commune (FPRIC) s’élève cette année à 450 000€. Mais celle que verse Bandol au service incendie, poste 6563, est en baisse continue : de 941 000€ en 2014 à 650 000€ en 2017.

Pour 2017, on espère que la hausse de certaines recettes 2016 se poursuivra: produit des jeux, droits de mutation…

Et l’on va poursuivre, nous annonce-t-on, la même politique concernant le personnel.

De quoi s’étonner et s’interroger au vu du résultat : 19 titulaires en moins, parfait. Certes, une baisse importante des charges en 2015. Mais depuis, on est reparti à la hausse. 4 départs à la retraite prévus en 2017 avec des charges estimées à 10 650 000€. Pour mémoire ; elles s’élevaient en 2013 à 10 204 000 €. En fait, les rémunérations ont baissé, mais pas les indemnités.

De plus, M. Joseph ne peut éluder le coût pour la collectivité de son directeur de cabinet, qu’il évaluait à un peu plus de 60 000€/an en 2015, et dont nous ignorons le montant actuel, qui doit être plus conséquent. Surtout sur 5 ans d’exercice…Et ceci pour lui permettre de poursuivre son activité privée. Du mal venu.

Que nous réserve l’avenir ? Dépenses à la hausse, et recettes en baisse : les études prospectives ne sont pas encourageantes, L’opposition s’en inquiète à juste titre.

Il ne sert à rien de rappeler qu’elle soutenait M. Palix, en grande partie responsable de la situation difficile du début de mandat.

Cela fait 3 ans que M. Joseph est aux commandes et la politique qu’il a appliquée montre ses limites, voire son inefficacité.

Oser parler de budget ambitieux, quand on prévoit de consacrer 2% d’augmentation pour les animations ? Moins de 6 000 € sur un budget de 21 M€ ! Et qu’on fait voter 191 000 € pour le poste 6232 « Fêtes et cérémonies » lequel, si l’on suit les instructions officielles, doit regrouper l’ensemble de ces dépenses ! Record battu à la baisse : pas même 1% du budget !

Que dire aussi des 4000 € supplémentaires attribués à la salle Jules Verne, dont on a soigneusement détruit l’activité culturelle ?

L’investissement en amélioration ?

Pas difficile : on part de zéro !

Il suffit de voir le tableau 3, page 9 du magazine, dont on a opportunément « oublié » l’ordonnée avec les montants repère, et …le montant des dépenses ! On n’est jamais trop prudent !

Et que dire du niveau « ambitieux et soutenu » des travaux ! Réparer des toilettes, un toit qui fuit, installer 4 barrières de sécurité, sans oublier quelques travaux aux cimetières, dont on ne sait s’il faut les classer dans « le renforcement de la sécurité, l’amélioration de la proximité ou celle du cadre de vie »…

Etait-il vraiment nécessaire de réhabiliter l’ancienne mairie pour satisfaire les fantaisies de M. Joseph ?

Même un travail en régie a un coût pour la collectivité.

Et que dire des 110 000€ consacrés à enlever les dalles intactes (nous avons vérifié) qui entouraient la fontaine qu’il faudra de nouveau « réparer »?

Mais le maire trouve la place « bien plus belle qu’auparavant » ! Oui, si l’on aime l’asymétrie, et l’aspect grisâtre et terne du revêtement… Manifestement, on s’est passé d’un urbaniste.

200 000 € pour restructurer l’open space, dont le dernier journal veut nous faire croire que cela pourra se faire en régie, alors que la transformation est assez complexe.

Quant aux travaux du Quai de Gaulle, prévus en 3 phases,– avec dès cette année 300 000 € pour financer les études – le calendrier prévisionnel n’est pas du goût des commerçants, dont Mme Cercio exprime l’inquiétude, on les comprend aisément.

On l’accuse aussitôt de faire souffler un vent de panique…et M. Chorel la soupçonne de vouloir faire traîner les travaux jusqu’en 2020, l’année des élections…Fâcheux !

Et quand l’élue s’obstine à demander des précisions sur le financement, on lui répond que c’est impossible : on a choisi le maître d’œuvre, mais il n’a pas encore fait de propositions et surtout, il n’y a aucun projet pour l’instant. ??? On reste sans voix.

Nous y reviendrons.

Entre les travaux prévus et non réalisés, les crédits du versement de transport ouverts, alors qu’on n’y était pas assujetti …il y aurait trop à dire.

Le budget sera adopté, l’opposition votant contre.

Pour le reste, on retiendra 2 délibérations surprenantes.

D’abord, on verse aux vignerons, pour la fête des vins de 2016, 10 000 € de subvention complémentaire (qu’on leur avait supprimés à l’époque, ne leur accordant que 20 000 €), sur l’exercice 2017.

Mais on considère qu’il s’agit d’une subvention 2016 et comme on a dépassé les 23 000 €, on adopte une convention d’objectifs rétroactive en quelque sorte, puisqu’elle concerne l’année dernière.

Kafkaïen, et sans doute pas très légal.

Il aurait été tellement plus simple de faire voter ce supplément le 15 ou le 22 décembre.

Il suffisait d’y penser.

 

 

 

 

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Published by Bandol pour tous
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