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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 15:07

 

La seconde réunion publique sur le quai de Gaulle s’est tenue mercredi 20 en présence d’un peu plus de 250 personnes, plus nombreuses que lors de la première organisée en avril dernier, mais tout aussi sceptiques. Peu d’applaudissements, si l’on excepte ceux de la brochette d’élus assis au 3ème rang.

On avait eu droit au printemps à des esquisses, totalement floues, comme le reconnaît le maire, on en arrive maintenant à un ''avant avant projet'' tout aussi inconsistant, au bout d’un an de travail,  a-t-il insisté ! On nous dit que tout n’est pas définitif, avant de préciser que cela doit être validé début octobre. A quoi servira d’aller s’exprimer sur un registre ? Si l’on en juge par l’accueil fait aux interventions du public…

On l’aura compris : la population a été soigneusement tenue à l’écart de ce projet : la commission extra-municipale « aménagement urbain » n’a même pas été réunie. Quant à organiser une consultation, vous n’y pensez pas ! «  Trop long ! a tranché M. Joseph, arguant du fait qu’il a été élu et que la réhabilitation du quai figurait dans son programme. Certes, mais en quelques lignes, et combien vagues, surtout qu’il inclut aussi l’allée Jean Moulin!

Ce projet nous est présenté sous forme de documents graphiques et d’images semblables aux belles illustrations qu’on trouve dans les dépliants publicitaires vantant de projets immobiliers : sans consistance, loin de toute réalité – Ah, ce palmier poussant presque dans la mer, ces arbres imposants, cet éternel été…et plus de routes ni rues, miraculeusement escamotées – On nage en pleine utopie, c’est l’Eden et son jardin retrouvés…

Ce qui est clair, en revanche, c’est qu’on nous jette de la poudre aux yeux : tout est fait pour nous endormir, pour masquer la banalité et l’absence évidente de qualités esthétiques de ce qui nous est proposé, voire les erreurs si énormes que les bras vous en tombent !

Or il ne s’agit pas d’un lieu quelconque à réhabiliter, il s’agit du centre économique, d’un cœur de ville, d’un espace fondamental pour Bandol. Et ce projet n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Il trahit une mauvaise analyse de la part des élus, maire en tête avec sa « promenade du dimanche des Bandolais » (sic), entraînant une « vision » étriquée et des choix inadaptés : c’est d’un véritable urbaniste dont on avait besoin. A-t-on demandé l’avis des bâtiments de France, de la DDTM ? Ces institutions ont-elles collaboré au projet ?

La première erreur a été l’adoption d’une procédure qui interdisait d’entrée un choix entre plusieurs options.

En effet, c’est un appel à maître d’œuvre qu’a lancé la municipalité : le choix s'est fait alors sur références et proposition financière, non sur un projet, les dossiers présentés n’en comportant pas. Alors que vu l’importance du défi, une mise en concours aurait été plus judicieuse, avec la présentation de plusieurs projets, ce qui aurait permis de juger sur pièce, au lieu d’un choix à l’aveugle, et aussi de faire participer la population…

A ce propos, beaucoup s’étonnent qu’on n’ait pas fait appel à des architectes locaux, puisque nous en avons de très grande qualité, qui auraient eu l’avantage de connaître parfaitement Bandol et ses problématiques.

La seconde erreur, c’est un manque d’analyse approfondie sur le rôle du quai de Gaulle, son fonctionnement, sa fréquentation au long d’une année, – il n’est que de voir les hésitations sur la date des travaux – et aussi sur les conséquences de la réalisation projetée sur l’ensemble de la commune : circulation, stationnement, livraisons, incidences sur un centre-ville qui vivote.

En fait, il apparaît que sur le fond, on se contente de reprendre, masqué par quelques fioritures, l’essentiel du même vieux projet, toujours ressassé, avec la même solution proposée il y a 20 ans – rejeter la circulation sur 2 voies – sans aucun travail qualitatif supplémentaire. Rien d’innovant : surtout pas les bordures hautes pour délimiter l’espace, qui datent des  années soixante…En fait de « manière contemporaine » on a vu bien mieux.

De plus, une « promenade » large de 19 m, c’est aller au-delà du terre-plein central, et c’est beaucoup. Quelle allure aura-t-elle hors saison, désertée ? 

Et surtout, on passe à côté de l’essentiel.

La première chose que l’on voit, sur le quai de Gaulle, ce sont les commerces, un alignement peu esthétique de dizaines de petites boutiques en avancée par rapport aux immeubles, avancées qu’on ne peut laisser en l’état. Or on ne s’en est guère occupé : rien ne figure sur les visuels… l’harmonisation des façades et des devantures est pourtant un élément fondamental de la réussite du projet, ce qu’il faut mettre en valeur.

 Que propose-ton ? Rien dans l’immédiat. On se contente de nous parler de charte et de la rejeter à plus tard, sous prétexte de ménager les commerçants, alors que la plupart, étant locataires, n’auront pas à payer les aménagements prévus.

Autre point important, la circulation : quel impact sur les rues adjacentes, perpendiculaires ?

Ce qui est proposé sur les documents est proprement délirant : impossible de remonter vers l’avenue du 11 novembre : la rue Toesca n’existe plus : c’est une impasse ! Il fallait craindre l’accroissement du flux autour de la fontaine du bicentenaire, avec un risque accru d’encombrement de l’avenue du 11 novembre, qui n’en a vraiment pas besoin. Notre architecte paysagiste a réglé le problème : tout l’espace est occupé par une place : on ne tourne plus autour de la fontaine ! Ce n’est pas sérieux !

A-t-on pensé à la difficulté, pour les piétons, de traverser une voie à double sens, si passante ?

Et les bus relégués à l’entrée de ville, éloignement scandaleux qui va toucher en priorité les personnes âgées : veut-on qu’elles désertent le centre-ville ? Curieuse façon de ''créer du lien social'' (sic) grâce  à ce projet !

Le stationnement est essentiel pour l’économie locale ? Il ne semble pas : 40 places supprimées devant le Casino, qu’il faudra bien redonner derrière à l’établissement ; plus 55 places supprimées, elles, au long de la voie sud (25 en épis, et 30 alignées). Nous doutons fort qu’on puisse agrandir le parking central pour les accueillir.

Quant à son nouvel accès envisagé, le long du carrousel, il dessert actuellement le parking des pêcheurs, la SNB, la capitainerie, et surtout l’aire de carénage qui a besoin de gros gabarit…

Ne parlons pas des motos : où va-ton mettre  les 130 places existantes qui vont disparaître?

Il est évident que ce chantier va impacter lourdement les commerçants ; nous avons cru comprendre que les travaux s’arrêteraient entre le 1er mai et le 30 août. Il leur restera peu de temps pour exercer leur activité.

Puisqu’on parle d’argent, on nous a précisé que le projet, évalué à 6M € au départ, en est à 6.7 M € HTC après prise en compte des études. Soit 8 M€ TTC. Dont nous paierons une bonne partie : prévoir des subventions à hauteur de 50 % du projet nous semble peu réaliste.

Certes, il fallait s’occuper du quai de Gaulle, mais voilà plus de 2 ans que le maire pressure la ville pour réaliser ce projet qui s’annonce désastreux, dans l’espoir d’assurer sa réélection, économisant à tout va, en laissant les quartiers à l’abandon et le centre-ville avec des façades lépreuses…à quelques mètres de sa « vitrine ».

La suite est à venir : la phase E du projet, qui concerne le côté sud du front de mer, sera repoussée à la mandature suivante. Et pour cause : elle sera sans doute encore plus coûteuse que l’opération actuelle, car, si Bandol veut obtenir le label AFNOR  '' port propre'', il faudra construire plusieurs bassins de décantation pour les eaux de pluie qui se jettent actuellement dans la mer et le port. Et le coût sera salé…

 

 

 

 

 

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