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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 19:22

 

La vérité sur la maison des vins, si l’on en croit le proverbe,  se trouve peut-être dans un verre de rosé, mais sûrement pas dans les propos du maire et de sa majorité…

Nous avons lu avec étonnement  dans la page gracieusement offerte  à M Joseph par Var-Matin – propos repris  quasiment à l’identique dans le dernier magazine municipal– que la décision de vendre cet immeuble avait été rendue publique et votée le 15 décembre 2016.

C’est faux et parfaitement vérifiable : lors de cette séance du conseil municipal, aucune des délibérations adoptées n’en fait état. Les élus de la majorité se sont contentés d’approuver le changement de statuts de la Sogeba –entre autre la modification de son objet – Il n’était pas mentionné la vente de ses actifs immobiliers. Nous n’avons rien trouvé non plus à ce sujet dans les 140 pages annexes de la délibération adoptée par la Sogeba  et validée par les élus.

Encore une fois, le fait que la Sogeba ne gère plus la maison des vins et la zone d’activité du Val d’Aran n’impliquait pas que ces biens soient vendus. Quand on voit le tollé que suscite aujourd’hui cette vente, il est clair qu’en décembre 2016, les Bandolais n’en avaient pas été informés. Comme ils ignoraient qu’à la même date la Sogeba en avait confié la gestion locative à une agence toulonnaise. Bravo pour la transparence…

Des questions se posent également à propos de l’illégalité des statuts de la société, dont on nous rebat les oreilles, découverte et mise en avant fort à propos par le service juridique de la commune, et un cabinet d’avocats ( ?).

 Les responsables de l’époque assurent que ces statuts adoptés en 2002 l’ont été en toute transparence et avec toutes les précautions et vérifications auprès des autorités compétentes  (préfecture, commissaire aux comptes etc..)

D’ailleurs, s’ils étaient illégaux, comment se fait-il que la Chambre Régionale des Comptes qui a examiné en 2009 la gestion de Bandol et partant, celle de la Sogeba, n’y ait rien trouvé à redire ? Pourtant cette instance est la mieux placée pour dire le droit.

En fait, l’objet de la Sogeba était suffisamment large « réalisation d’opérations d’aménagements économiques ou touristiques … » pour englober beaucoup de domaines, et partant, la complémentarité ne se posait pas.

Mme Aymes, dans son intervention au dernier conseil est allée fouiller quelques poubelles et nous a ressorti les critiques d’alors sur l’architecture, le mécontentement d’un riverain privé de la vue sur la station service qui occupait la place du bâtiment, éléments totalement hors sujet.

Quant à prétendre comme elle le répète que « la commune n’a pas vocation à gérer de l’immobilier », c’est bien elle qui s’est occupée des contrats concernant certains biens appartenant à la commune (restaurants du Capelan, ceux des allées Vivien…) ? Mauvaise foi, ou inquiétante amnésie ?

Plus sérieusement se pose la question de la rentabilité de ce bâtiment, dont on apprend au passage qu’un des bureaux est inoccupé…Voilà de la bonne gestion. De 2008 à 2018, il aurait été déficitaire de 284 000 €.

Pour en avoir le cœur net, nous avons interrogé une personne qui s’est occupée de la comptabilité de la Sogeba pendant quelques années, jusqu’en 2014 ; Elle nous a  précisé qu’en ce qui concerne les biens immobiliers, si le Val d’Aran était déficitaire, ce n’était pas le cas de la maison des vins.

Que n’a-t-on entendu ! Ce n’est pas une maison des vins ; elle n’a ni musée ni cours d’œnologie ! D’ailleurs, il y en a déjà une au Castellet… en plus, il n’y a pas de vignes (ou si peu) sur le territoire de la commune etc, etc …nos élus rivalisant à qui remportera  la palme de ce concours d’inepties.

Qui veut noyer son chien…

Plus sérieusement, qui donc voudra acheter un immeuble si peu rentable, selon le vendeur ( !), qui ne rapporte pas un sou, dont la gestion présente un tel déficit , surtout quand l’acquéreur, cerise sur le gâteau, se trouvera obligé de prendre en charge un lourd contentieux avec un locataire ?  

M. Joseph prétend attacher une importance particulière  à « l’entrée de ville », mais il ne voit pas l’utilité de ce bâtiment, pas plus qu’il ne s’est interrogé sur son utilisation par un futur acquéreur.

Nous avons là un bâtiment quasiment neuf, de 890 m², idéalement situé, édifié en accord avec les vignerons et dont on pourrait réactualiser certains loyers s’ils sont trop faibles. Quand on ajoute que l’estimation des Domaines est plutôt sous-évaluée, qu’attend-on pour racheter le bail à la Sogeba ? Certes, il faudrait débourser 2 247 554 €...

Mais à l’heure où les taux d’intérêt sont négatifs, et où l’endettement de la commune est très faible, pourquoi hésiter ?  A quoi sert donc « une solvabilité retrouvée » tant vantée si l’on n’en fait rien ?

Et pourquoi avoir attendu plus de 2 ans pour mettre en vente ?

On l’aura compris : dans cette affaire, le seul souci du maire, dont on connaît par ailleurs l’allergie pour le moindre emprunt, et c’est de récupérer 700 000 € pour financer le quai de Gaulle.

Quand on a le nez dans le guidon, difficile d’y voir bien loin…

 

 

 

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