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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 20:31

C’est une une révision générale du Plan Local d’Urbanisme qu’on nous a annoncée. Rien d’étonnant : la Chambre Régionale des Comptes a pointé dans son rapport « l’inertie totale de la commune » en matière d’urbanisme et de développement durable et M. Joseph a un an pour suivre ses recommandations.

De plus, comme certaines réalisations « phares » prévues dans son programme ne sont pas compatibles avec le PLU existant qui protège le littoral, il y a fort à parier que le maire va tout simplement le modifier : nous en avons eu l’exemple avec la légalisation à postériori du parking du Capelan.

Révision générale, cela signifie que tout peut être remis en question : le zonage, la hauteur des bâtiments, les espaces réservés  etc…

M. Chorel  énumère les directives légales, les objectifs à atteindre, qui englobent des problématiques très larges, la procédure de mise en œuvre ainsi que les modalités de concertation avec la population, les associations et autres personnes prévues par la loi.

Vous avez dit concertation ?

Les Bandolais devront se montrer vigilants, d’abord parce qu’ils ne participeront pas à l’élaboration de projets, ni, à minima, au choix des thématiques.  Ensuite, parce que nous avons eu droit à un discours double – dont une partie contredisait l’autre – sur la possibilité, pour nos concitoyens de voir leur avis pris en compte.

 M. Chorel insiste : « la révision est très ouverte » et on tiendra compte de l’avis des habitants Il veut voir la preuve, dans les modalités qu’il a citées, que la démocratie sera respectée.

 En fait, l’adjoint nous a annoncé une sorte de pré-enquête, avant l’enquête publique – celle-ci se déroulera plus tard sous la direction d’un commissaire enquêteur, garant de la prise en compte de tous les avis, avec registre officiel et réunions publiques imposées par la loi.

La municipalité reprend donc ces modalités et prévoit elle aussi des enquêtes par le biais d’un site internet « collaboratif », et d’un questionnaire prospectif.

On nous permettra d’être circonspects, dans la mesure où, ces plateformes étant gérées par la municipalité, personne ne pourra vérifier le nombre des participants et si l’ensemble de leurs interventions est bien pris en compte. Idem pour les ateliers participatifs annoncés, au vu de l’expérience des commissions extra-municipales, avec intervenants soigneusement triés, et qu’on n’a quasiment jamais réunies.

A son tour, M. Joseph insistera, répétant que « tout n’est pas figé », et ajoutant même que « si l’on révise le PLU, c’est pour écouter ce que les gens nous diront ».

Un maire à l’écoute ? Nous voilà rassurés : pour mémoire, la pétition contre le parking dans le parc du Capelan a fini au fond d’un tiroir dans son bureau, malgré plus de 8 000 signatures…

Mais le problème, c’est qu’on va entendre un tout autre son de cloche de la part des élus qui vont intervenir pour fournir quelques indications.

D’abord, on comprend vite que les Bandolais ne pourront pas donner leur avis sur ce qu’ils aimeraient voir réaliser dans leur ville, mais qu’ils seront sollicités à postériori, sur des projets  mis en forme, voire ficelés.

Car les élus y travaillent depuis quelque temps, et des réunions ont déjà eu lieu : on a fait appel à une armada de sociétés conseils, bureaux d’études spécialisés en Urbanisme, en Environnement, Tourisme etc…plus un « paysagiste concepteur »  un expert, et même un cabinet d’avocats… de Montpellier. Sans doute n’y en  a-t-il pas de plus proche ? On peut, à ce propos, s’étonner que cette municipalité choisisse toujours des sociétés ou bureau d’études éloignés.   

M. Bardet, délégué au développement durable, nous informe qu’une vingtaine de projets ont été mis en place, « dont 12 pour répondre aux impératifs du développement durable » : amélioration de l’efficience énergétique, restauration de la biodiversité en ville. Quant à la diminution des gaz à effet de serre, précise-t-il, « on a 4 projets qui démarrent … si on les réalise, et je puis dire qu’on les réalisera…» conclut-il.

A votre avis, quelle place pour l’avis des Bandolais ? Leurs désirs réels ?   Si vous en aviez encore, abandonnez toute illusion car ces fameux projets entrent dans un cadre prédéfini que Mme Mith, autre élue en charge de la légalité des actes d’urbanisme,  rappelle : ils sont « fonction des ambitions politiques de la commune » et elle ajoute : « Vous connaissez les projets politiques de la commune, qui résultent du programme de campagne ».

Martine Henriot intervient pour demander des précisions, d’abord sur leur mise en compatibilité avec les préconisations du SCOTT au sujet du foncier des gares. Elle insiste sur la nécessité de réduire la circulation automobile, et de développer des mobilités douces et pas que sur le littoral. Ce dernier point ne sera pas abordé.

Mais quels sont ces projets ?

Bien qu’énoncés d’une façon assez générale, il apparaît que le développement durable, présenté comme « le fer de lance » de cette révision, relève plutôt d’effets d’annonce, car certains projets (efficience énergétique, diminution des gaz à effet de serre…) ne peuvent s’exercer que sur une faible portion de la commune : celle qui relève du domaine public.

Nous avons relevé :

La suppression d’espaces boisés classés (EBC) : i.e. une déforestation.

C’est celui sur lequel ont lourdement insisté M. Chorel et le maire .Au nom du développement durable (!) et pour soi-disant développer et préserver l’agriculture, ils envisagent de déclasser certains EBC actuels, situés en zones naturelles, dans les collines, pour les remettre en zone agricole, en revenant à un zonage ancien et dépassé.

Et en oubliant au passage qu’on est dans du domaine privé, et qu’on ne peut obliger un propriétaire à se transformer en agriculteur, à moins de l’exproprier !

A quoi riment ces grandes envolées sur la restauration de la diversité biologique en ville, si l’on incite à couper des arbres et à détruire une partie des quelques espaces naturels de la commune qui ont à grand peine échappé à l’urbanisation ? Et sous couvert de critère visuel (sic !) et de protection contre l’incendie…

On appréciera également le commentaire hardi de M. Joseph qui justifie cette orientation en prétextant qu’elle répond à un changement des mentalités, suite à la pandémie. Celle-ci aurait provoqué chez les populations le désir d’une « proximité de nature rurale ». En détruisant les espaces forestiers ? On croit rêver !

  • Quelle politique urbanistique de la ville ?

Voilà un domaine où la ville est souveraine (enfin plus ou moins, le préfet ayant le droit de préemption) et qui nous concerne tous : on aurait attendu plus de précision sur les projets envisagés.

Ouvrir des zones à l’urbanisation, mais sans prendre trop sur les terrains et éviter l’artificialisation des sols ? Nos élus y réfléchissent…Ainsi, le projet aberrant de construire des logements au Val d’Aran sera relancé, il en sera même « une des études principales ». Il nous avait pourtant semblé qu’il s’était heurté au refus de l’architecte du Département…car c’est une zone de services, pas d’habitation.

  • La révision du PLU concernant le littoral

Si certains espéraient que M. Joseph avait abandonné son intention de bétonner les alentours du stade, ils se sont trompés. A une question de Martine Henriot qui l’interrogeait : « Sera-t-il question d’augmenter les hauteurs autorisées ? » (pour mémoire : 5m), le maire a répondu…sur la circulation automobile. Il va en profiter, dit-il, pour vérifier ce qu’il en est au niveau hauteur. Vraiment, il n’y a pas d’exemplaire  du PLU à la mairie ?

D’ailleurs, les élus vont monter en bateau pour appréhender la commune vue de la mer. Sauf qu’avant la construction des bâtiments prévus, ils ne verront rien et après, il sera trop tard…

Tout ceci est consternant.

Qu’on nous explique !

Dans l’absolu, on ne peut qu’approuver les principes affichés et les objectifs généraux. Mais le problème se trouve dans leur traduction sur le terrain. Il n’est pas interdit de penser qu’il s’agisse de simples effets d’annonces dans une thématique à la mode…

Comment peut-on prôner la réduction des gaz à effet de serre et faire circuler 730 voitures supplémentaires sur le tour de corniche ?

 Comment peut-on parler de protection de la biodiversité, donc des espaces verts, quand on voit avec quelle ardeur, leur chef de file a réduit la surface du parc du Capelan, et celle des jardins  du Casino pour construire une gare routière ? Quand on voit qu’il a supprimé le terre-plein central de 3,5 m de large sur toute la longueur du quai de Gaulle et jusqu’à la rue Tosca?

Sans parler de cette nouvelle atteinte au littoral, qui se profile autour du stade, présentée dans son programme comme relevant du respect de l’environnement !

Et les quartiers dans tout ça, à l’abandon depuis des années? Et la rénovation de la voirie, les trous dans la chaussée, les trottoirs effondrés ? Et la requalification du centre-ville qui avance à pas bien lents? Il semblerait que ce ne soit pas pour demain.

On comprendra aisément que l’opposition se soit abstenue.

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