Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 décembre 2022 6 03 /12 /décembre /2022 19:42

Un conseil express –de moins d’une heure – dont les  3/4  ont été consacrés à un débat très vif sur les tarifs portuaires, et, au-delà, à une mise en question par l’opposition de la gestion de la SOGEBA, qui se trouve dans une situation difficile – les 9 autres délibérations ayant été adoptées à l’unanimité.

On voit là combien sont essentielles la présence et l’intervention de l’opposition, qui  ne se contente pas des informations lénifiantes distillées par la majorité et relayées par le quotidien local, mais présente une autre analyse et soulève des points importants, en particulier lors de ce conseil, concernant la gestion de la SOGEBA dont la commune est le garant !

L’occasion aussi de rappeler les responsabilités de nos élus, frappés d’amnésie quant au dernier mandat dont ils étaient les acteurs…

Mais souvent, les interventions des opposants ne sont pas de tout repos !                                    Philippe Leclercq en a fait l’expérience : on lui a souvent coupé la parole, ses propos étaient soulignés par des ricanements incessants, des gloussements et enfin une véritable bronca dont les élus de la majorité sont devenus coutumiers. Bravo pour la civilité et le respect de l’autre, à l’occasion…

Délibération N°9 : augmentation des tarifs portuaires

M. Chorel intervient donc pour présenter les nouveaux tarifs portuaires 2023 , établis selon une formule sibylline : RO (0.15 + 0.85 Ind(n)/Ind(0) …L’indice de référence FSD2 –(frais et services divers ?)– ayant progressé de 13,8% entre octobre 2021 et Mai 2022, on aboutirait à une augmentation de 11,8 % pour 2023, qui s’ajoutera à celle de 14.8 % en 2022.

Evolution normale, selon l’élu : de    93 → 2003 :  +  30% pour les tarifs portuaires

                                                   de  2003 → 2013 : +28 %   //           //

                                                   de 2013 → 2023 : + 27%   //         //

Ce tarif 2023, précise l’adjoint, place le port de Bandol entre 8% et 15%  moins cher que la moyenne des ports du Var, selon un observatoire mis en place par la SOGEBA. (Il en existe aussi sur internet)

Philippe Leclercq intervient.  Il s’étonne : « en 2021, dans une facture adressée aux plaisanciers, vous les avez bien informés qu’il n’était pas utile d’augmenter les tarifs ? » L’intéressé acquiesce.           De plus, lors du conseil d’octobre, – délibération N°3 – « le  rapport des représentants de la ville au conseil d’administration de la SOGEBA*, »  qui traitait de la gestion du port de plaisance, faisait apparaître des résultats d’exploitation de l'année 2021 positifs pour la SOGEBA, en augmentation de 20 % !

Comment justifier alors une telle augmentation des tarifs, de presque 30% ? L’élu ne comprend pas. D’autant plus, ajoute-t-il, qu’elle ne s’étale pas sur 10 ans, comme on pourrait le croire à vous entendre, mais sur un an !

Une situation difficile 

M. Chorel va en fournir l’explication, en dévoilant la situation actuelle de la SOGEBA.

-- Les travaux importants qui auraient dû être engagés dans le port cette année n’ont pu être réalisés, faute d’argent, car le montant des redevances était insuffisant !

--D’autre part, avec la nouvelle convention, d’autres travaux qui relevaient du budget du port (donc de la ville) sont passés maintenant à la charge de la SOGEBA, laquelle n’a donc pas davantage les moyens de les financer…

 Alors que c’est elle-même qui l’a réclamé ! On est bien loin des déclarations triomphantes qu’on a pu lire dans la gazette municipale…

Il aurait fallu appliquer depuis 2013, regrette l’adjoint, des révisions annuelles et non geler les tarifs pendant 10 ans.

Question de bon sens de Philippe Leclercq : «  Et pourquoi ne pas l’avoir fait ? »                    Réponse : il s’agissait de choix légitimes (?), comme il est maintenant légitime qu’on revoie les tarifs. On comprend l’inquiétude exprimée par M. Chorel : il voudrait éviter de se retrouver dans la même situation : avoir à faire des travaux que l’on ne peut pas engager faute d’argent, et voir la SOGEBA  dans une situation qui soit aussi difficile, dans la mesure où elle ne peut pas assurer leur financement.

La seule solution trouvée : faire payer les plaisanciers !

 Nous avions parlé de « Folie des grandeur » en octobre de l'année dernière

Rappelons que l’opposition s’est opposée  à cette nouvelle convention signée par la commune avec la SOGEBA, qui, en plus de spolier la ville en confisquant une partie de l’espace public, s’est lancée dans des projets démesurés.

 En octobre 2021, après le gros chantier que la SOGEBA devait réaliser et terminer en 2023, (construction d’une panne en béton, dragage du port pour 25M€) elle avait programmé d’énormes travaux estimés à 50M€ : (transformation du port, construction d’un pôle nautique avec boutiques et parking édifiés sur l’existant pris à la ville pour 10M€ etc…) avec, à la clé,  un plan d’investissement aléatoire présenté sur 17 ans. Deux points interpellent :

  • Le premier : pourquoi les plaisanciers devraient-ils financer une structure hors port qui ne leur est pas nécessaire ? C’est comme si l’on demandait aux Bandolais de financer la construction d’une grande surface, sous prétexte qu’ils y feront peut-être leurs achats !
  • Un plan de financement aléatoire, parce qu’il a été établi sur de simples projections concernant l’encaissement futur des garanties d’usage– avec un déficit d’exploitation durant la durée du plan, l’équilibre n’étant atteint qu’au bout de la 17ème année comme l’indiquait M. Joseph !

 Le bon sens aurait voulu qu’on prévoie des travaux en fonction de ressources financières disponibles : on a fait le contraire.Il est clair aujourd’hui que la SOGEBA a manifestement surestimé ses capacités financières et de gestion.

Où en est-on pour la vente des Garanties d’Usage ?

Question qui est au cœur du problème, puisque les 50M€ de travaux prévus devaient se réaliser au rythme de leur encaissement, et qui n’a jamais obtenu de réponse précise.                                         Or, on est bien loin du rendement attendu !

Philippe Leclercq insiste : «  l’an dernier, les places, disiez-vous, ne pourraient pas suffire à la demande. Combien avez-vous encaissé ? » Réponse : il y a encore des demandes non satisfaites…L'élu souligne certains points abordés à l’époque, et qui n’ont pas était pris en compte.

  • Inadéquation entre la taille des bateaux et les places fournies: beaucoup d’amodiataires (très souvent Bandolais) avaient de petites unités → désistements et actes de candidatures  non suivies d’effet, malgré un sondage.

M. Rocheteau désirant favoriser la vente d’unités plus importantes, lesquelles ne peuvent être  mises en vente pour l’instant. Mais pourquoi ? Parce qu’il faut créer ces places et qu’on n’a pas l’argent qu’elles devaient procurer pour qu’on puisse les construire…C’est le serpent qui se mord la queue !

  • La durée du contrat : au contraire d’autres ports, (5 ans, 10 ans 15ans), à Bandol, une seule formule imposée : 10 ans, qui a fait fuir nombre de plaisanciers.

Il apparaît que l’étude de marché a été mal faite.

L’élu rappelle avoir donné en vain des conseils de prudence.  Il redemande « Sur les 40M€ escomptés, combien en avez-vous engrangé ? »

M. Rocheteau s’énerve : on lui pose sans arrêt,  la même question, à chaque conseil, il ne sait plus quoi dire ! et accuse son interlocuteur de raconter des bêtises.

Mais si on l’interroge encore,  c’est parce qu’il dégage en touche depuis des mois.

M. Leclercq annonce «  11 M€ » sans être démenti. On est donc loin du compte. Et 30% d’augmentation en un an, pour les plaisanciers, c’est un scandale et une honte, martèle-t-il.

M. Rocheteau assure que le plan pluriannuel  permettait de maintenir les tarifs, hors situation exceptionnelle.

Fin de la 1ère partie

 

Partager cet article
Repost0

commentaires