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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 14:22

Les Bandolais se sont mobilisés pour exprimer leur opposition au déplacement du Casino : vendredi 24, dernier jour de l’enquête publique, c’est le 3ème registre qui se remplissait à la mairie.

François Barois a rencontré le commissaire enquêteur et lui a remis une lettre contenant nos remarques sur la modification du PLU prévue.

 

                        Remarques sur le projet de modification du PLU concernant la zone des Grands Ponts

 

Ce projet de modification du PLU, tel qu’il est présenté dans le dossier soumis à enquête publique,  présente à l’analyse plusieurs points importants qui ont été soit occultés, soit montrent de graves insuffisances, au vu de la nature et de l’emplacement du terrain concerné.

 

Il s’agit en particulier de prescriptions urbaines et paysagères peu adaptées à la protection du site, du non respect des règles de base en matière hydraulique et de l’absence de protection sérieuse d’une partie de l’alimentation en eau potable de Bandol (station de Bourgarel).

 

Ø      La construction du futur Casino n’est que la 1ère étape d’une urbanisation totale du terrain des Grands Ponts : en effet, un hôtel est également prévu sur une parcelle voisine. Le règlement du nouveau PLU n’interdit pas la construction de garages souterrains.

  

Ø      Dans le cadre de l’aménagement des entrées de ville, les prescriptions architecturales sont totalement insuffiantes en ce qui concerne le Casino et l’hôtel projetés, ce qui est inacceptable.

En effet, on peut fortement douter de l’intégration paysagère du projet actuel, alors que le  caractère provençal de la zone a été souligné par la rénovation de l’ancien moulin à huile et par la zone commerciale pour laquelle des toits de tuiles ont été exigés.

 

Ø      A l’heure où les communes sont invitées à accorder une attention particulière aux dispositions de prévention des risques naturels, au vu des récentes catastrophes, l’implantation d’une construction et de ses annexes  dans un champ d’inondation va à l’encontre du principe de précaution.

Le rapport de présentation précise qu’un plan de prévention des risques hydrauliques est en cours. Pourquoi ne pas en attendre les conclusions avant de modifier le PLU?

 

D’une façon générale, les règles les plus élémentaires de l’hydraulique ne sont pas respectées :

 

–– D’abord, par le fait d’implanter un établissement sur une assise rapportée, dans un champ d’inondation naturel connu de tous.

Risque aggravé puisqu’il s’agit d’un établissement destiné à accueillir un public nombreux, y compris la nuit.

–– Ensuite, si l’hypothèse de calcul  – Débit centenal estimé à 205 m³ – est convenable, le remblaiement opéré sur 1 hectare occasionnera un rétrécissement du champ d’inondation et entraînera une perte de stockage significative en cas de crue, et donc un exhaussement général de la ligne d’eau, avec des conséquences qui peuvent se révéler dramatiques.

Dans ces conditions, il est douteux que le seul ouvrage de décharge prévu sous la RD 559 B et l’accès au péage de l’autoroute soit suffisant. C’est prendre un risque inconsidéré pour le plaisir de déplacer un casino pour le seul motif invoqué par l’autorité municipale: les intérêts du Casinotier.

–– D’autre part, le solution prônée par l’étude complémentaire –– à savoir l’abaissement du rond-point de sortie de l’autoroute pour faciliter l’écoulement direct du bras de décharge sur la RN 559 B pour rejoindre le lit du Grand Vallat –– est dangereuse et inacceptable, puisqu’elle interdit la sortie de l’autoroute et l’arrivée éventuelle des secours.

Par ailleurs, pourquoi la solution consistant à augmenter le coefficient de Strickler  du lit majeur de la rivière dans cette zone n’a-t-elle pas été étudiée comme hypothèse de calcul ?

Il semblerait qu’on ait fait au minimum…

 

Ø      Pour ce qui concerne la station de pompage de Bourgarel, il n’est pas évoqué dans le dossier l’impact sur les champs captants : périmètre immédiat, périmètre rapproché. Le dessin de ces périmètres a été occulté.

A notre connaissance, il apparaît que le périmètre rapproché englobe la zone de modification du PLU.

Or, la protection des champs captants est pourtant soumise à une règlementation rigoureuse.

Il est de bon sens que la modification du PLU envisagée doit attendre l’approbation du dossier AEP concernant Bourgarel.                   

A l’heure actuelle, il semblerait qu’aucune mesure ne prévoie d’étanchéifier le parking pour éviter toute pollution de la nappe phréatique qui alimente le puits. (recueil des eaux pluviales).

Il est bien prévu pour les eaux pluviales un séparateur d’hydrocarbures et un débourbeur. Mais seront-ils suffisants, efficaces et judicieusement implantés ? Qu’en sera-t-il de leur entretien ?

Or la station de Bourgarel, récemment sécurisée grâce à un système détecteur de pollution (truitosem), fournit entre 20 et 30 % de l’alimentation en eau potable de la commune.

 

En conclusion, ces éléments importants conduisent à  refuser ce projet de modification du PLU.

Alors que s’accumulent dans notre pays et notre région des catastrophes liées à des risques naturels manifestement occultés et sous-évalués, intensifiés par les aléas climatiques, il nous semble dangereux de ne tenir aucun compte des règles élémentaires de l’hydraulique et d’exposer la population à des risques avérés.

  

Au cours de l’entretien, il a insisté sur la nécessaire protection du puits de captage de Bourgarel, et sur la bonne qualité de l’eau produite, qualité qu’ont confirmée toutes les analyses effectuées à ce jour.

A ce stade, le commissaire enquêteur  a un mois pour rendre ses conclusions.

M. Palix , utilisant une fois de plus le site internet de la ville à des fins politiques ( contrairement à ce qu’il affirme devant le Tribunal Administratif…), nous livre, pour défendre son projet, des « éléments de synthèse » sur l’enquête.

En fait, on constate qu’il s’efforce de répondre aux principales critiques exprimées par les très nombreux opposants au projet. Or, un certain nombre  d’« éléments de synthèse » qu’il produit n’apparaissent pas dans le dossier, et d’autres, notamment sur le plan hydraulique, sont entachés d’erreurs grossières.

Quant au puits de Bourgarel, s’il n’est pas exploité momentanément*, il n’en demeure pas moins que les inquiétudes soulevées par le projet au sujet de sa protection sont tout à fait pertinentes.

 

* Comment se fait-il que la lettre  de la Sem, publiée dans le dernier magazine municipal (nous y reviendrons), fasse état de son exploitation page 4?

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Published by Bandol pour tous
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