Tout avait été soigneusement préparé pour ce conseil : la date, choisie comme par hasard 5 jours avant les élections, une présence policière renforcée, peut-être craignait-on une émeute ou les réactions du public…
La déclaration du maire était déjà rédigée, comme pour le 26 septembre, et on avait même fait venir France 3, pour lui donner cette fois-ci une audience régionale.
Bref, tout était prêt.
M. Joseph savait parfaitement qu’il serait seul avec ses acolytes à voter un budget si calamiteux pour la ville, l’occasion rêvée de démolir Mme Quilici juste avant les départementales, que son groupe s’abstienne ou vote contre.
Sauf que le temps passait, et seule une poignée d’élus s’installaient. A l’heure dite, il était clair que ni le groupe de M. Palix, ni aucun des 12 élus du groupe de Laetitia Quilici ne viendraient siéger.
Impression insolite de ce conseil plus qu’à moitié vide, et qui donnait l’image exacte de la situation de M. Joseph au sein de l’assemblée communale : un maire minoritaire et dont la légitimité s’est envolée, de part sa faute.
Manifestement pris de court par cette situation imprévue, M. Joseph s’est assis pour fébrilement corriger, raturer son texte.
Il a pris la parole au bout de 10 mn pour annoncer qu’il avait reçu le matin une lettre de Mme Quilici et de son groupe lui demandant de reporter le conseil, demande qu’il a repoussée.
Notons que M. Joseph s’est bien gardé de lire la lettre en question, dont vous pouvez prendre connaissance sur Bandol blog, et qui exprime de façon très claire les raisons de cette demande.
A l’entendre, aucun reproche à lui faire : il a fait de nombreuses réunions pour préparer le budget, il a distribué les documents etc... Il revient sur le conseil précédent et il affirme qu’il a fourni des explications et n’a jamais refusé de répondre. Sauf que nous avons constaté tout le contraire : mensonge, ou déni de la réalité ?
(Nous reviendrons sur le débat d’orientation budgétaire du 6 mars de façon plus détaillée)
Il aurait pu en rester là, et annoncer le report du vote du budget à la semaine suivante, faute de quorum : on avait jusqu’au 15 avril.
M. Joseph dérape alors.
Quittant le terrain municipal, le seul concerné dans l’affaire, et oubliant opportunément qu’ils ont été16 élus à boycotter le conseil, le maire s’invite dans la campagne départementale : enfin, nous y voilà !
Il se lance alors dans une attaque scandaleuse contre la seule première adjointe, où la haine transparaît sous chaque terme judicieusement choisi.
Le fait qu’elle soit absente ne le gêne guère, au contraire.
Selon lui, devant l’offensive du FN, Mme Quilici « aurait peur de ne plus être élue dans un fauteuil » et chercherait à gagner du temps.
Le maire l’accuse de lâcheté, d’utiliser « une tactique bassement politicienne » etc, etc…
Nous ne nous étendrons pas sur ces ignominies.
Il lui échappe aussi une violente diatribe contre l’abstentionnisme (?), qu’il assimile au manque de courage! Sans doute a-t-il oublié d’ôter cette phrase, écrite au cas où…
Les choses sont claires : le choix de la date, la présence de la télé, le discours bien préparé que M. Joseph est incapable d’avoir improvisé, tout était prêt et, osons le mot, prémédité.
Quelle qu’ait été l’attitude de Laetitia Quilici – absence, abstention, opposition -- elle aurait eu droit à la même diatribe, dont le seul but était de la discréditer publiquement aux yeux des électeurs Bandolais et même du canton.
Mme Cercio se croit alors obligée d’abonder dans le sens du maire. Normal : tout les rapproche : tous deux ont trahi leurs engagements et leurs électeurs, tous deux se répandent en considérations morales qu’ils se gardent bien d’appliquer.
M. Joseph annonce enfin que le conseil est reporté, le quorum n’étant pas atteint.
Mis à part quelques applaudissements peu nourris, contrairement à ce que voudraient le faire croire certains commentateurs, l’heure était plutôt à la consternation.
Faut-il s’étonner de ce comportement indigne d’un maire qui prétend œuvrer pour sa ville ?
M. Joseph a fait son choix : il ne peut ignorer que démolir la candidate Laetitia Quilici, c’est favoriser objectivement celle du FN.
Rappel des faits : dès qu’il apprend la candidature de sa première adjointe au côté de M. Bernhard aux départementales, au lieu de se réjouir pour Bandol, il la somme d’y renoncer, et fait paraître un communiqué vengeur dans la presse pour annoncer qu’il ne la soutiendra pas, à la grande stupeur des habitants de notre commune qui ne comprennent pas cette attitude.
(Il faut dire que le maire a soigneusement caché ses liens étroits avec l’opposition sanaryenne.)
Ensuite, seconde tentative pour évincer Mme Quilici au profit d’une de ses adjointes qu’il propose comme suppléante. Sans succès.
La campagne électorale est lancée, et alors que M. Bernhard et Mme Quilici bénéficient du soutien tous les maires, seul M. Joseph est aux abonnés absents : vendredi dernier, on ne le verra pas à la réunion organisée devant une salle Jules Verne comble : il passe dans le hall de la mairie, avant de se terrer dans son bureau.
Et hier, ces considérations insultantes…
Jusqu’où ira M. Joseph ? Et s’il lui venait l’idée de consacrer plutôt son temps et son énergie, à défaut de compétences, à s’occuper enfin de Bandol ?