« J’étais seul, l’autre soir au Théâtre Jules Verne,
Ou presque seul ; le concert n’avait pas grand succès… » pourrait-on dire en parodiant Musset…
C’est mardi dernier qu’a eu lieu, Salle Jules Verne, la soirée inaugurale du festival « Classica Bandol » avec la prestation de l’Orchestre de Chambre du Luxembourg.
Devant une salle quasiment vide : une soixantaine de personnes, surprises, malgré tout, de se retrouver si peu nombreuses…
Et qui seront encore plus étonnées de lire sur le blog de M. Joseph que la saison est bien lancée, avec un festival de musique classique d’un niveau exceptionnel !
Exceptionnel, mais sans public.
Manifestement, cela ne semble pas gêner M. Joseph.
Il est pourtant monté sur scène, et n’a pu que constater, même s’il n’avait pas ses lunettes, que les rangées étaient vides.
A notre connaissance, les soirées suivantes n’ont pas eu davantage de succès.
Et c’est dommage.
Ainsi, mardi dernier, Vivaldi était à l’honneur, mais un Vivaldi revisité par un compositeur britannique contemporain, et aussi par Astor Piazolla.
La première surprise passée, devant ces deux versions étonnantes des « Quatre saisons », on ne pouvait qu’apprécier le talent et la fougue des interprètes, et parmi eux, la prestation magnifique du violoniste Lyonel Schmit.
Il ne s’agit pas de mettre en cause la qualité des artistes invités, ni les œuvres choisies.
Mais il faut bien se poser des questions sur la pertinence de cette programmation, et la politique d’animation imposée par le maire.
Outre l’argent que cela coûte à la commune, il nous semble que la moindre des choses, par respect pour les artistes, est de faire en sorte qu’ils ne jouent pas devant une salle vide.
Le maire ne pourra pas éluder sa responsabilité, ni la rejeter sur autrui, car, ainsi que l’a déclaré pompeusement l’adjointe à la culture, ce festival est né de la volonté conjointe de l’organisateur et de « M. Jean-Paul Joseph, maire de Bandol »
Lequel, comme à son habitude, n’a pas tenu compte des remarques des élus compétents en la matière, et persiste à mener une politique d’animation totalement aberrante.
Quel public voulait-on toucher ?
Compter sur les seuls Bandolais est déraisonnable, et stigmatiser leur inculture supposée tout à fait inacceptable : 8 000 habitants ne peuvent remplir les 3000 places proposées pour les 6 concerts prévus !
Quant à la population estivale d’une station balnéaire, il n’est pas sûr qu’elle privilégie le concert classique, surtout à 30 € la place ! On le constate en l’occurrence.
De plus, l’été, on donne la préférence un peu partout aux festivals en plein air : on pense au grand succès des "Voix du Lyrique" au parc du Canet, ces deux dernières années. La commune attribuait une subvention, et en échange, cette association proposait les places à un prix très abordable.
Pourquoi ne pas avoir reconduit une animation qui marchait et avait trouvé son public?
Cette année, on a changé la formule. Résultat : concert annulé ! Exit Faust …
Que voulez-vous, économies, économies…on ne peut tout avoir, le troupeau d’oies dressées, les bottes de foin, et l’opéra…Le maire a choisi.
Les mêmes constatations s’imposent pour la salle Jules Verne.
Cette année, plus de programmation digne de ce nom !
La renommée d’une salle de spectacle, son identité propre se construisent dans la durée, c’est ainsi qu’elle attire un public fidèle qui dépasse largement le territoire de la commune.
L’élan avait été donné les années précédentes.
M. Joseph l’a stoppé net. Il l’a encore déclaré ce mardi, il ne veut plus d’artistes connus : trop chers ! Il oublie au passage que la commune se rembourse en grande partie en encaissant le prix des places.
Il a choisi une autre formule : la ville met la salle à disposition, mais paie le technicien, la sécurité, les « frais de bouche » des artistes, pas davantage ! (On se souvient de cet appel à la population invitée à transporter, loger et fournir le breakfast des artistes…)
Le producteur paie les artistes et encaisse le prix des places.
Vu le succès de cette première, pas sûr que dans l’avenir ( ?) on puisse trouver un autre candidat disposé à boire la tasse…