Nous avions cru comprendre que l’adhésion à un parti politique favorisait le débat d’idées… Il semblerait, à la lumière des événements récents qui agitent Bandol, qu’elle favorise aussi les échanges à coup d’arguments frappants…
Comment analyser le retrait par le maire de toutes ses délégations à son premier adjoint ?
D’abord, la date du clash est significative : 2 jours après l’adoption par le conseil municipal des comptes administratifs.
M. Palix est tranquille pour un certain temps, car les 2 votes qui peuvent mettre un maire en réelle difficulté sont celui des comptes administratifs, en juin (c’est fait) et celui .du budget primitif en décembre.
Ensuite, à qui profite l’incident ?
On ne voit pas quel intérêt aurait eu M. Bogi de se priver des quelques pouvoirs qu’on lui avait laissés ; et s’il avait voulu faire un coup d’éclat ou même d’Etat, il aurait agi en conseil, pas dans une réunion de groupe, et pas de cette manière.
Par contre, M. Palix avait besoin de raisons sérieuses et valables vis-à-vis de la population pour mettre définitivement son colistier sur la touche, après l’avoir écarté progressivement, depuis 2 ans, selon une stratégie élaborée de longue date.
Il aura jugé le moment venu et le reste est aisé à deviner : provocation / réaction. Le B.A. ba même pour un Machiavel au petit pied.
Nous sommes sans doute arrivés à l’épilogue d’un marché de dupes.
Car c’est M. Bogi qui a apporté les 2/3 des voix de la liste « Ensemble pour Bandol ». M. Palix seul n’aurait jamais dépassé les 10 ou 15 %, et il le savait bien du reste, puisqu’il s’est par deux fois cherché un allié pour partir aux élections.
Il est clair que Marcel Bogi avait mal évalué la situation, et encore plus mal jugé son allié.
Nous avons dénoncé en son temps cet attelage bicéphale qui n’avait rien en commun, si ce n’est le désir du pouvoir. Ils l’ont obtenu, certes, mais la facture est déjà lourde pour la ville et risque de l’être davantage dans l’avenir (délocalisation du Casino, augmentation d’impôts de 27 %...).
Et maintenant ? Si le maire a tout pouvoir pour donner et retirer les délégations, en arguant d’une raison valable bien sûr, le conseil municipal doit impérativement se prononcer, en application de l’article L. 2122-18 alinéa 3 du CGTC, une fois le retrait de délégation intervenu, sur le maintien de l’adjoint dans ses fonctions.
Tout cela promet.
Nous l’avions prévu depuis longtemps : comptez les piranhas qui s’ébattent dans l’un des aquariums à 38 000 € de la médiathèque. Il en manque un désormais : son petit compagnon a fini de le dévorer…